Amnesty accuse des soldats sahéliens de "semer la terreur" dans les villages

Par AFP

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Amnesty International accuse des soldats des armées de trois pays du Sahel de "semer la terreur" dans les villages où ils ont causé la mort ou la disparition de près de 200 personnes en quelques mois.

Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, "des soldats sèment la terreur et commettent des tueries dans des villages sous couvert d'opérations antiterroristes", écrit l'organisation de défense des droits humains dans un document publié dans la nuit de mardi à mercredi.Cette mise en cause rejoint les nombreuses dénonciations d'exactions imputées aux armées de ces trois pays engagées dans le combat contre les jihadistes.Entre février et avril, au moins 57 villageois ont été victimes de meurtres et 142 autres ont disparu entre les mains de soldats des armées régulières, selon l'ONG.Amnesty fonde son rapport sur des entretiens menés avec 33 témoins, ainsi que sur des "photos des cadavres des victimes et de l'emplacement présumé de fosses communes (et) des listes de personnes disparues".Les témoignages recueillis décrivent des populations civiles prises pour cibles par les forces de sécurité parce qu'accusées d'être complices des jihadistes. En grande majorité, les victimes sont des Peuls.Les homicides, dont certains s'apparentent à des "exécutions extrajudiciaires", pourraient "être constitutifs de crimes de guerre", souligne Amnesty. Elle appelle les gouvernements à "mettre un terme à l'impunité" dont jouissent les forces de sécurité.Les armées sahéliennes ont été montrées du doigt début avril par la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) pour une centaine d'exactions attribuées à des soldats sur le sol malien.Le Conseil de sécurité de l'ONU a débattu du sujet vendredi et a dit "avoir pris note des mesures annoncées par plusieurs gouvernements du Sahel face à ces allégations de violations des droits humains". Le même jour, un village malien a été attaqué et 29 personnes ont été tuées. Des ONG ont affirmé que les assaillants étaient des militaires maliens.Le gouvernement malien s'est dit "préoccupé par ces graves allégations" et a annoncé des investigations.