Amnesty exhorte le gouvernement libyen à donner la priorité aux droits humains

Par AFP

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Amnesty International a exhorté jeudi le nouveau gouvernement libyen à donner la priorité aux droits humains et à lutter contre l'impunité des milices, au moment où le pays tente de s'extraire d'une décennie de chaos.

L'exécutif "doit s'attaquer à la crise des droits humains dans tout le pays, briser le cycle de l'impunité et rétablir l'Etat de droit", écrit l'ONG dans une lettre adressées au gouvernement récemment installé après un processus parrainé par l'ONU.Amnesty International évoque notamment les ravages du "contrôle des milices et des groupes armés, responsables d'enlèvements, de détentions arbitraires, d'(actes de) torture, de disparitions forcées, de déplacements forcés, de pillages et d'autres crimes".Après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, le quotidien des Libyens a été bouleversé par "des milices rivales et des groupes armés qui ont commis des crimes de guerre et des violations des droits humains en toute impunité", souligne l'ONG.La Libye a été minée par une décennie de conflits, marquée par l'existence ces dernières années de pouvoirs rivaux, des violences sanglantes et de combattants étrangers.Censé clore ce chapitre, le nouvel exécutif a été mis sur orbite en février, avant un vote de confiance "historique" du Parlement en mars. Il est chargé d'unifier les institutions et d'assurer la transition d'ici des élections nationales en décembre.Son arrivée est l'occasion de "placer les droits humains au coeur de son agenda politique", a déclaré Diana Eltahawy, directrice régionale adjointe d'Amnesty pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.Les précédents gouvernements "ont cherché à apaiser les milices (...) et à assurer leur loyauté en les comblant d'éloges, de positions de haut niveau et de légitimité, la même erreur ne doit pas être répétée", estime-t-elle. Amnesty a aussi appelé le gouvernement à "mettre fin aux détentions arbitraires, à la torture et aux procès inéquitables, à respecter et protéger les libertés d'expression, d'association et de réunion, à protéger les droits des migrants et des réfugiés et à prendre des mesures pour faciliter le retour des personnes déplacées à l'intérieur du pays".La Libye est une plaque tournante de l'immigration clandestine sur le chemin de l'Europe. Des dizaines de milliers de migrants venus de pays d'Afrique subsaharienne y sont la proie de trafiquants quand ils ne meurent pas en tentant la traversée de la Méditerranée.