Angola: tensions autour de l'organisation de la présidentielle de 2012

18 août 2011 à 9h45 par La rédaction

LUANDA (AFP) - (AFP)

L'organisation de la présidentielle de 2012 en Angola suscite des tensions, l'opposition s'inquiétant du vote cette semaine d'une loi électorale qui, selon elle, viole la constitution et met en cause la neutralité du scrutin.

Après un mois de débats parlementaires pour tenter de trouver un consensus, le parti du président José Eduardo Dos Santos, le MPLA, qui dispose de plus de 80% des sièges au Parlement, a approuvé lundi une loi tout sauf consensuelle.

Le texte crée une commission électorale indépendante mais au grand dam de l'opposition, il stipule que celle-ci devra travailler de concert avec le ministère de l'Administration des territoires pour la préparation du scrutin (contrôle des fichiers électoraux, bureaux de vote, etc).

Aux yeux de l'opposition, la loi fraîchement votée constitue une violation de la Constitution en son article 107, qui stipule que "le processus électoral doit être conduit par un organe électoral indépendant de l'exécutif".

L'opposition angolaise, surtout l'Unita, a vivement critiqué cette loi et l'Unita a demandé à ses vingt députés de quitter l'hémicycle lors du vote.

Le Parti de Rénovation Sociale (PRS), deuxième force d'opposition avec treize députés, s'est abstenu, de même que le FNLA (2 députés).

L'élection présidentielle doit avoir lieu en principe mi-2012 à une date qui reste à déterminer.Les élections législatives auront lieu en même temps dans ce pays de langue portugaise, en pleine reconstruction après 27 ans de guerre civile.

Le président Dos Santos, au pouvoir depuis 1979, est pressenti comme candidat à sa propre succession, même s'il n'a pas fait acte de candidature pour l'heure.

Il est le chef de l'Etat à la plus grande longévité d'Afrique après le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

La dernière élection présidentielle en Angola remonte à près de 20 ans, en septembre 1992.

Les dernières législatives remontent à septembre 2008.Elles ont été les premières organisées depuis la fin en 2002 de la guerre civile.

L'écrasante majorité obtenue par le MPLA a assuré une certaine légitimité au président Dos Santos.