Après la fête, des lendemains incertains pour les stades du Mondial-2010

6 juillet 2010 à 11h04 par La rédaction

POLOKWANE (Afrique du Sud) (AFP)

Les marées de supporteurs de tous pays qui ont déferlé sur le stade flambant neuf de Polokwane (nord) pour le Mondial-2010 se sont désormais retirées, abandonnant comme dans d'autres villes-hôtes une arène vide à l'avenir incertain.

"On va lancer un appel d'offres, peut-être vers la fin juillet, pour choisir le futur exploitant du stade", annonce Ndavhe Ramakuela, chef des projets 2010 à la mairie de cette paisible ville de 500.000 habitants.

"On discute aussi avec des clubs de football et de rugby pour voir s'ils veulent l'utiliser", ajoute-t-il, sans donner de détails très concrets sur la reconversion de l'enceinte.

D'un coût estimé à 1,3 milliard de rands (168 millions de dollars, 134 millions d'euros), le stade Peter Mokaba a accueilli quatre matches du premier tour.Depuis, seules les rondes des gardiens de sécurité assurent un semblant de vie sur le site.

Mais les frais de fonctionnement n'ont pas cessé avec le départ des sélections nationales, et la municipalité a déjà dû se tourner vers le Trésor public pour payer les factures.L'entretien du stade devrait coûter 17 millions de rands par an.

 Au total, l'Afrique du Sud a dépensé 11,7 milliards de rands (1,2 mds EUR, 1,5 mds USD) pour construire ou rénover les dix stades du Mondial-2010, qui peuvent accueillir de 40.000 à 94.000 spectateurs.Et elle entend bien éviter qu'ils ne deviennent des poids morts.

Le pari semble plus facile dans les grandes villes comme Johannesburg, Durban ou le Cap, dont l'attractivité devrait aider à remplir des édifices surdimensionnés.

Le gigantesque Soccer City dans la capitale économique, est quasiment assuré d'attirer des matches prestigieux: dès le 21 août, il devrait accueillir une rencontre des Tri-Nations de rugby entre l'Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande.

Au Cap et à Durban, où existaient déjà de grands stades, il faudra inventer de nouveaux usages pour assurer la pérennité de Green Point ou du Moses Mabhida Stadium.

Le premier mise sur des activités culturelles ou des conférences internationales.Le second sur le rugby et tente de convaincre la populaire équipe des Sharks d'y emménager.

Les villes qui ont rénové leur stade -- Bloemfontein, Pretoria et Johannesburg avec l'Ellis Park -- devraient également rentrer dans leurs frais.Ces infrastructures abritaient déjà de grandes équipes de rugby ou de football et continueront d'afficher complet les soirs de match.

Mais les petites villes comme Polokwane semblent en mauvaise posture, à l'écart des grands axes de circulation et dépourvues d'équipes professionnelles capables de drainer les foules.

Nelspruit (nord-est), 200.000 habitants, a bien convaincu les footballeurs des Mpumalanga Black Aces, en queue de première division, de quitter leur antre de Witbank, à deux heures de route, pour quelques rencontres dans son nouveau stade aux fauteuils zébrés.

Et la cité côtière de Port-Elizabeth (sud) va héberger à l'année les Mighty Elephants, équipe de rugby de deuxième division de la Currie Cup.Mais cela ne suffira probablement pas à couvrir des frais de fonctionnement abyssaux.

"Si vous construisez une route, elle ne disparaît pas le lendemain de la Coupe du monde", déclarait récemment le ministre des Finances, Pravin Gordhan, à propos de l'ensemble des infrastructures construites pour le Mondial.Certes, mais si elle ne mène nulle part...