Après les "Luanda Leaks", Rui Pinto menace de faire de nouvelles révélations

Par AFP

AFRICA RADIO

Le hacker portugais Rui Pinto à l'origine des "Football Leaks" et des récents "Luanda Leaks", qui prétend avoir amassé beaucoup d'autres documents, a menacé jeudi de faire de nouvelles révélations.

"Il y a encore beaucoup de choses que les Portugais ont le droit de savoir", a-t-il écrit dans un message publié sur son compte Twitter.En détention provisoire au Portugal, où il attend d'être jugé pour tentative d'extorsion et délits informatiques liés aux fuites des "Football Leaks", Rui Pinto a également revendiqué lundi être à l'origine de la fuite de 715.000 documents compromettants pour la milliardaire angolaise Isabel dos Santos.Le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) a publié le 19 janvier une vaste enquête sur la base de ces documents, baptisés "Luanda Leaks", accusant la fille de l'ex-président angolais d'avoir "siphonné l'économie angolaise" et accumulé de manière frauduleuse une fortune estimée à 2,1 milliards de dollars (1,8 milliard d'euros)."Je crois que les citoyens portugais ont déjà compris que ma détention provisoire prolongée et disproportionnée a pour objectif de faire taire mes révélations et garder secret le scandale des Luanda Leaks", a affirmé Rui Pinto."Si cela dépendait de la police judiciaire et du ministère public portugais, ces informations n'auraient jamais été rendues publiques. Les autorités angolaises n'auraient jamais été informées de l'existence de ces données", a-t-il ajouté.Peu après son arrestation, à la demande des autorités portugaises, en janvier 2019 à Budapest, où il résidait, le hacker aujourd'hui âgé de 31 ans, avait affirmé être en possession de six téraoctets de documents inédits."On ne connaît que le contenu de deux disques, il y en a près d'une dizaine en tout", a expliqué jeudi l'ancienne diplomate portugaise et ex-eurodéputée socialiste Ana Gomes, qui se consacre aujourd'hui à la lutte contre la corruption et le blanchiment d'argent."Les données qu'il avait avec lui sont aux mains des autorités portugaises et les procureurs français en ont reçu une copie, mais elles sont chiffrées et ils ne peuvent y accéder qu'avec la collaboration de Rui Pinto", a-t-elle précisé lors d'une rencontre avec la presse étrangère à Lisbonne.Par l'intermédiaire de son avocat français William Bourdon, Rui Pinto avait engagé fin 2018 une collaboration avec le Parquet national financier français, qui avait estimé que le hacker avait permis des "développements majeurs" dans les enquêtes pour fraude fiscale qu'il a ouvertes.Les révélations de "Football Leaks", qui ont conduit à l'ouverture de procédures judiciaires aussi en Belgique et en Suisse, restent à ce jour la plus importante fuite d'informations sur les coulisses du ballon rond.lf-tsc/mg/thm