Areva risque de suspendre en partie l'extraction d'uranium au Niger

Par La rédaction

Paris (AFP)

Areva a annoncé mercredi à l'AFP qu'il risquait de devoir interrompre la production d'uranium de la Somaïr, une de ses filiales minières au Niger, en rejetant la faute sur les autorités nigériennes qui veulent renégocier leur partenariat avec le groupe nucléaire français.

Areva extrait plus du tiers de son minerai d'uranium au Niger, au travers de deux filiales en partie détenues par l'Etat nigérien, la Somaïr et la Cominak, et une partie de la production de ces filiales minières revient à la Sopamin, société qui détient les participations gouvernementales.

Or, en ce qui concerne la Somaïr, "alors que le quota annuel de production revenant à Areva a déjà été enlevé", "la Sopamin (...) n'a pas souhaité enlever le sien", a indiqué à l'AFP un porte-parole du groupe français.

"Nous sommes actuellement en discussions avec les autorités nigériennes au sujet de ces matières qui peuvent trouver preneur si l'Etat du Niger accorde une autorisation d'exportation pour les vendre au prix du marché", et "sans cette autorisation, les sociétés minières ne peuvent produire des matières qui ne seraient pas vendues et devront arrêter la production de 2013, probablement d'ici la fin du mois d'octobre", a ajouté le groupe.

Cette annonce intervient sur fond de bras de fer entre le groupe public français et le gouvernement du Niger, qui souhaite renégocier ses contrats d'extraction d'uranium avec le géant du nucléaire pour obtenir des retombées économiques plus importantes au profit du pays.

Par ailleurs, Areva a démenti auprès de l'AFP des rumeurs circulant au Niger, selon lesquelles il aurait décidé de reporter sine die la mise en service de la mine géante d'Imouraren, qui constitue un projet majeur pour l'économie locale.

"Concernant la mise en exploitation d'Imouraren, nous confirmons le calendrier d'une première extraction de minerai en 2015 et d'une première production d'uranium en 2016", a assuré le porte-parole du groupe.