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Arrestation au Tchad d'un opposant équato-guinéen: une "machination", selon son parti

16 avril 2019 à 09h47 Par AFP
Le parti d'opposition de Guinée équatoriale dont le secrétaire général a été arrêté jeudi au Tchad a dénoncé une "machination politique entre deux Etats" et demandé sa libération, selon un communiqué reçu mardi. Andres Esono Ondo "doit être libéré" et "doit rentrer en Guinée équatoriale en totale liberté tel qu'il en était sorti", a déclaré son parti, Convergence pour la démocratie sociale (CPDS), en dénoncant une "machination politique entre deux Etats et leur chefs respectifs".Jeudi, M. Esono Ondo, secrétaire général de CPDS, a été arrêté au Tchad alors qu'il se rendait au congrès du premier parti d'opposition tchadien, l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR).Dans la foulée, Malabo l'a accusé samedi d'avoir eu pour "unique objectif l'acquisition d'armes et de munitions ainsi que le recrutement de terroristes pour commettre un coup d'Etat en Guinée équatoriale avec un financement étranger".Lundi, Juan Antonio Bibang, ministre de la Sécurité extérieure a détaillé l'accusation: "M. Andres Esono Ondo a voyagé au Tchad sous prétexte d'assister à un congrès organisé par le parti UNDR dans la province du Guera, connue pour (être un territoire de) terroristes et rebelles, mais aussi pour la facilité avec laquelle on peut y acheter des armes".Au Tchad, M. Esono Ondo a été transféré du Guera, où devait se tenir le congrès finalement annulé, aux locaux de l'Agence nationale de Sécurité (ANS, renseignements tchadiens) à N'Djamena.En 2015, Andres Esono Ondo avait été accusé d'avoir recruté une personne malade d'Ebola en vue d'introduire le virus en Guinée équatoriale au moment de la Coupe d'Afrique des nations de football (CAF). Il avait finalement été relaxé, après que ces accusations se soient révélées montées de toute pièce par des proches du régime.Malabo "veut faire taire toutes les voix discordantes et maintenir l'opposition hors jeu pour empêcher l'exercice de la démocratie, ce type de montage est habituel", a déclaré à l'AFP un diplomate en poste en Guinée équatoriale sous couvert d'anonymat.Depuis fin mars, le procès des instigateurs présumés d'un "coup d'Etat" que Malabo a affirmé avoir déjoué fin 2017 se tient en Guinée. Plus de 150 personnes sont accusés d'être impliquées dans cette tentative de coup d'Etat contre le président Teodoro Obiang Nguema.La Guinée équatoriale a connu une histoire agitée de coups et tentatives de coups d'Etat depuis son indépendance de l'Espagne en 1968. Le régime de M. Obiang, 76 ans dont 39 au pouvoir, est régulièrement accusé d'atteintes aux droits de l'homme par ses opposants et des organisations internationales.