Attaque dans le sud de la France: l'assaillant envisageait de frapper Paris

Par AFP

AFRICA RADIO

L'assaillant de la basilique de Nice (sud de la France), qui a tué trois personnes au couteau le 29 octobre, comptait se rendre à Paris pour y mener une attaque, selon des messages retrouvés dans son téléphone, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

L'auteur de l'attaque, Brahim Aouissaoui, un Tunisien de 22 ans, "avait fait part de son intention de venir à Paris, mais il n'avait pas d'argent", a indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête, confirmant une information de BFMTV."Son but initial était d'aller à Paris", selon des messages retrouvés dans son téléphone, a confirmé à l'AFP une source judiciaire. Dans des messages révélés par BFMTV, Brahim Aouissaoui écrit à un ami, dans la soirée du 25 octobre depuis Rome: "Demain je partirai pour la France, le pays des mécréants et des chiens".L'assaillant avait quitté la Tunisie par bateau le 19 septembre. Après un passage par l'Italie, il est arrivé à Nice dans la soirée du 27 octobre. Le lendemain, il indique: "Je suis encore à Nice, je veux venir là où tu es, à la Tour Eiffel, mais le billet est à 150 euros". Puis: "Le billet est trop cher. Je suis ici jusqu'à ce que Dieu me facilite".Le matin du 29 octobre, il a tué au couteau deux fidèles et le sacristain de la basilique Notre-Dame-de-l'Assomption, avant d'être grièvement blessé par des policiers municipaux."Il voulait frapper Paris, Nice était une solution de repli car il n'avait pas assez d'argent", a relevé l'avocate de la famille du sacristain, Me Samia Maktouf.Me Maktouf doute que "depuis le fin fond de sa campagne tunisienne" Brahim Aouissaoui ait décidé, seul, "d'aller frapper la Tour Eiffel à Paris" et pense qu'il a été "téléguidé".Hospitalisé à Nice puis transféré dans un établissement de la région parisienne, M. Aouissaoui a été mis en examen en décembre pour "assassinats" et "tentatives d'assassinats" en relation avec une entreprise terroriste.Pour l'instant, les investigations, confiées depuis novembre à des juges antiterroristes, n'ont pas établi qu'il ait bénéficié d'un soutien, matériel ou idéologique."Les personnes qu'il avait contactées à Paris ont été entendues", mais n'ont pas été mises en cause, a précisé la source proche du dossier.Lors de ses auditions, M. Aouissaoui "conteste tout", selon la source judiciaire, et avance "une amnésie", a précisé Me Maktouf.