Attaques islamistes au Mozambique: l'épouse d'un Sud-Africain poursuivi dénonce des accusations "absurdes"

Par AFP

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L'épouse d'un ressortissant sud-africain soupçonné par la justice mozambicaine d'être impliqué dans des attaques islamistes dans le nord du pays a jugé samedi ces accusations "absurdes", affirmant que son mari était innocent.

Andre Hanekom, un entrepreneur de 60 ans, "n'a rien à voir" avec les islamistes, a assuré son épouse Francis Hanekom, jointe par téléphone au Mozambique où elle réside avec son époux depuis près de trente ans."Il ne s'intéresse pas du tout à la politique", a-t-elle insisté.Les autorités mozambicaines "ont fabriqué cette histoire de toute pièce, aucune des accusations n'est vraie, elles sont absurdes", a-t-elle encore affirmé.Lundi, le parquet mozambicain a indiqué qu'Andre Hanekom figurait parmi les responsables du groupe islamiste qui opère dans le nord du Mozambique depuis plus d'un an. Ces musulmans fondamentalistes surnommés "shababs" (jeunes) ont fait au moins une centaine de morts dans cette région riche en gaz.Des machettes, des arcs et des flèches, ainsi que de la poudre à canon ont été trouvés au domicile d'Andre Hanekom à Palma (nord-est), selon les autorités."La police a confisqué à notre domicile du matériel banal et insignifiant et l'a utilisé comme preuve de l'implication terroriste d'Andre", a dénoncé Francis Hanekom samedi."Au Mozambique, on a tous dans nos maisons une ou deux machettes" pour ouvrir une noix de coco ou couper de l'herbe, s'est-elle défendue.Quant aux arcs et flèches, ils avaient été achetés dans la rue comme souvenir, a-t-elle expliqué. La poudre, elle, provient "sans doute" des fusées éclairantes des bateaux que possède le couple, a-t-elle avancé.Pour Francis Hanekom, son époux est victime de "personnes influentes qui lorgnent sur sa propriété", située en bord d'océan.Tout a basculé le 1er août 2018 pour le sexagénaire quand il a été blessé par balle après avoir été pris en chasse par des individus le visage dissimulé derrière des balaclava, a raconté sa femme. Après avoir été soigné à l'hôpital, Andre Hanekom a ensuite été arrêté et la police a perquisitionné son domicile le 6 novembre."Sérieusement ? Quelqu'un est accusé de terrorisme et la police attend trois mois pour fouiller sa maison ?", s'est indignée Francis Hanekom qui a aussi dénoncé la position de Pretoria dans ce dossier.La ministre sud-africaine des Affaires étrangères Lindiwe Sisulu s'est dite cette semaine "très inquiète que des Sud-Africains soient impliqués dans des crimes et des activités qui cherchent à déstabiliser des Etats démocratiquement élus".