Attaques jihadistes au Niger: des députés réclament un renforcement de la sécurité

20 août 2021 à 11h27 par AFP

AFRICA RADIO

Des députés de la région de Tillabéri, dans l'ouest du Niger, ont réclamé vendredi un renforcement des mesures de sécurité dans cette zone des "trois frontières", entre Niger, Mali et Burkina Faso, théâtre depuis des années d'attaques sanglantes de jihadistes présumés.

La région de Tillabéri connaît "une recrudescence d'attaques terroristes: ces agressions armées le plus souvent effectuées (par des hommes) à moto ont fait des centaines de morts civils et militaires, ainsi que de nombreux blessés et des déplacés internes", écrivent ces députés dans un communiqué.Et "depuis un certains temps", les assaillants "s'attaquent à des villages entiers en tirant sans distinction" sur leurs habitants à qui ils lancent en plus des "ultimatum" pour qu'ils partent de chez eux.En un mois, 98 civils et 19 gendarmes ont été tués dans trois départements de la région: Banibangou, Torodi et Abala, rappellent les élus.Le dernier massacre de civils a été perpétré lundi dans le village de Darey-Daye (Banibangou) par des hommes armés à moto, tuant 37 personnes travaillant dans un champ, dont quatre femmes et treize mineurs, selon un bilan officiel."Face à ce drame récurrent et insupportable", les députés "recommandent au gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer sa présence sur le terrain".Ils exhortent également les autorités "à faire agir avec promptitude" les Forces de défense et de sécurité (FDS), "en particulier les interventions aériennes" en cas d'attaques.Pour faire face aux violences en cours depuis 2017 dans la région de Tillabéri, vaste espace enclavé, les autorités ont décrété l'état d'urgence, interdit la circulation des motos de jour comme de nuit, réglementé la vente du carburant et fermé des marchés soupçonnés de ravitailler les groupes armés.Malgré cela, "les attaques et attentats ciblés se poursuivent", notent les parlementaires. Selon eux, "de très fortes menaces pèsent sur plusieurs villages où les terroristes de tous bords circulent librement de jour comme de nuit sans être inquiétés".Les assaillants "opèrent" désormais même "à dos de chameau et à vélo" puis "disparaissent très rapidement dans la nature", notent-ils. Grâce à leurs "complices" locaux, ils sont "bien informés" sur les mouvements des militaires et leurs indicateurs, selon eux.Human Rights Watch (HRW) a estimé la semaine dernière à plus de 420 le nombre de civils tués depuis le début de l'année dans l'ouest du Niger dans des attaques menées par des groupes jihadistes qui ont également contraint des dizaines de milliers de personnes à fuir de chez eux.