Attentats de 1998 en Afrique: jugé aux USA, le Tanzanien Ghailani fixé sur son sort

Par La rédaction

NEW YORK (AFP)

Ahmed Ghailani, le premier détenu de Guantanamo jugé devant un tribunal de droit commun aux Etats-Unis connaîtra mardi la peine qu'il devra purger après avoir été jugé coupable d'un seul des 286 chefs d'accusation pesant contre lui pour des attentats en 1998 en Afrique.

A la surprise générale le 18 novembre, un jury populaire avait acquitté le Tanzanien de 36 ans de 285 des 286 chefs d'accusations retenus par le ministère public pour son rôle dans les attentats simultanés contre les ambassades américaines de Tanzanie et du Kenya qui avaient fait 226 morts en 1998.

Il a cependant été reconnu coupable de "complot pour détruire des biens américains", fait pour lequel il encourt au minimum 20 ans de prison et au maximum, la perpétuité.

C'est le juge Lewis Kaplan, qui a mené les débats lors de cinq semaines de procès en octobre et novembre en plein coeur de New York, qui est chargé de prononcer la peine. Vendredi dernier, il a refusé d'accéder à la demande de la défense d'acquitter complètement M. Ghailani ou d'organiser un nouveau procès, au vu de ce verdict jetant selon elle le doute sur le bien-fondé de la thèse du ministère public.

Dans sa décision, le juge fédéral a estimé que celui qui était alors un jeune homme avait "participé de manière volontaire et consciente" aux attentats et que sa culpabilité s'appuie "sur des preuves suffisantes".

Le verdict de culpabilité avait provoqué une vague de protestations chez l'opposition républicaine et mis l'administration dans une position délicate alors qu'elle entendait prouver au travers de ce procès que les tribunaux fédéraux sont aussi intransigeants que les tribunaux militaires d'exception de Guantanamo dans les affaires terroristes.

L'administration a d'ailleurs requis une peine de prison à vie.

Si M. Ghailani n'écopait pas de la peine maximale, les spécialistes estiment que ce serait un chèque en blanc pour que les détenus de Guantanamo, parmi lesquels cinq hommes accusés d'avoir organisé le 11-Septembre, ne puissent plus jamais avoir affaire à la justice de droit commun.

Les juges des tribunaux militaires d'exception, bien que réformés par l'administration Obama, peuvent déclarer recevables des déclarations faites sous la torture, ou des déclarations indirectes, qui ne sont pas confirmées à la barre par celui qui les a faites.