Attentats de Kampala: la justice critique les lenteurs de l'enquête

8 octobre 2010 à 17h11 par La rédaction

KAMPALA (AFP)

Un magistrat ougandais a critiqué vendredi la lenteur de l'enquête de la police sur le double attentat qui a fait 76 morts en juillet dans des restaurants de Kampala parmi des téléspectateurs regardant la finale de la Coupe du monde de football.

Le procès des 36 suspects n'a pas commencé et le juge procédait à une audience intermédiaire à Kampala pour faire le point sur l'état du dossier.

"Il n'est pas dans la pratique de la cour de tolérer des investigations sans fin", a mis en garde le juge Deo Ssejjemba, qui a en conséquence ordonné le transfert de cinq suspects des locaux de la police, où ils sont toujours interrogés, vers un centre de détention.

"Ce n'est peut-être pas illégal (de prolonger la garde à vue) mais c'est une mesure abusive", a-t-il justifié.

Cette décision concerne notamment Al-Amin Kimathi, le fondateur du Forum musulman des droits de l'homme (association kényane) qui avait été interpellé le 15 septembre alors qu'il venait d'arriver à Kampala pour assister à une audience d'une partie des inculpés.

Son avocat, John Francis Onyango a déploré que l'accusation n'avait pas toujours pas précisé les éléments à charge réunis contre M. Kimathi.

"Nous n'avons encore vu aucune preuve.Nous attendons toujours", a-t-il déclaré.

Lors de cette audience dans une salle comble, l'un des suspects, Omar Awadh Omar, présenté par la police ougandaise comme un "responsable de haut niveau des shebab", la milice somalienne islamiste qui a revendiqué les attentats de Kampala, a rejeté ces accusations.

"Ce n'est pas vrai.Ce sont des mensonges (relayés par les médias) parce que j'ai un différend avec les services de sécurité kényans", a-t-il déclaré.

Plusieurs avocats de la défense ont en outre dénoncé les conditions de détention de leurs clients, affirmant qu'ils étaient privés d'eau potable, de nourriture et de médicaments.

Une nouvelle audience est prévue le 22 octobre.La date du début du procès n'a toutefois pas encore été fixée.