Attentats en Ouganda: deux Kényans dont un avocat arrêtés

17 septembre 2010 à 9h57 par La rédaction

KAMPALA (AFP)

Un avocat et un militant des droits de l'Homme kényans sont détenus depuis leur arrivée mercredi en Ouganda, où ils venaient défendre des compatriotes mis en cause dans les attentats islamistes de juillet dernier à Kampala, a annoncé vendredi la police ougandaise.

L'avocat Mbugua Mureithi et al-Amin Kimathi, fondateur du Forum musulman des droits de l'Homme, ont été arrêtés dès leur arrivée mercredi soir à l'aéroport international d'Entebbe, et "nous sommes toujours en train de parler avec eux", a indiqué vendredi à l'AFP le porte-parole de la police ougandaise, Vincent Sekate.

Le porte-parole de la police n'a pas précisé pour quels motifs les deux Kényans avaient été interpellés.

Les deux hommes sont détenus au quartier général de l'Unité de réponse rapide, a précisé à l'AFP une source policière, où ils sont interrogés par des enquêteurs chargés du double attentat qui a fait 76 morts dans deux restaurants de Kampala le 11 juillet.

L'avocat et le défenseur des droits de l'Homme kényans étaient venus à Kampala pour défendre plusieurs de leurs compatriotes arrêtés au Kenya dans le cadre de l'enquête sur ces attentats et transférés en Ouganda.

MM.Mureithi et Kimathi "risquent d'être torturés" vu le lourd passif de l'Unité de réponse rapide en matière de violations des droits de l'Homme, alerte pour sa part l'organisation Human Rights Watch dans un communiqué.

"La police ougandaise doit immédiatement transférer ces personnes dans des lieux légaux de détention et donner les raisons de leur arrestation," a estimé l'organisation de défense des droits de l'Homme.

Plus de 30 personnes ont été arrêtées en raison de leur implication présumée dans les attentats du 11 juillet, revendiqués par les islamistes somaliens shebab.Les autorités ougandaises ont décidé que ces suspects seraient jugés à l'intérieur de la prison de haute sécurité de Luzira, près de la capitale Kampala, en invoquant pour cela des raisons de sécurité.L'accès à cette prison a été à ce jour interdit à la presse.