Au Mozambique, le pape s'insurge contre la vengeance

Par AFP

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En visite au Mozambique dans le sud-est de l'Afrique, le pape François s'est insurgé vendredi contre la vengeance, dans une homélie prononcée dans un stade plein à craquer de la périphérie de Maputo, capitale du pays.

"On ne peut pas penser à l'avenir, construire une nation, une société fondée sur +l'équité+ de la violence", a-t-il martelé, devant quelque 60.000 fidèles, selon les organisateurs. Certains étaient venus de très loin pour l'événement malgré leurs faibles moyens.S'exprimant en portugais, le pape argentin leur a dit de ne jamais suivre l'ancienne loi du talion, symbolisée par l'expression "oeil pour oeil, dent pour dent"."Aucune famille, aucun groupe de voisins ni aucune ethnie, encore moins aucun pays n'a d'avenir, si le moteur qui unit (...) se compose de vengeance et de haine", a dit le pape, qui a dénoncé la planification de "représailles sous des formes apparemment légales"."+L'équité+ de la violence est toujours une spirale sans fin et son coût est très élevé", a insisté François, en ajoutant "vous avez droit à la paix!".Auparavant, il avait reconnu que beaucoup de Mozambicains "peuvent encore raconter, à la première personne, des histoires de violence, de haine et de discordes; pour certains, des histoires vécues dans leur propre chair; pour d'autres, vécues par une personne connue qui n'est plus".Jorge Bergoglio a aussi conseillé aux Mozambicains de se méfier de tous ceux, à l'intérieur ou à l'extérieur, qui veulent profiter pour leur propre intérêt des richesses naturelles d'un pays avec une "partie énorme de sa population en-dessous du niveau de pauvreté". "C'est triste quand cela se passe entre des frères du même pays", a-t-il commenté dans son homélie.Le gouvernement et l'ex-rébellion devenue principal parti d'opposition du Mozambique, ont signé le mois dernier un accord censé mettre un point final à un conflit de plus de quarante ans.Peu de temps après son indépendance en 1975, l'ex-colonie portugaise a sombré dans une guerre civile meurtrière, jusqu'à la signature d'un traité de paix en 1992.