Barrage sur le Nil: Egypte, Ethiopie et Soudan jouent les prolongations

Par AFP

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L'Egypte, l'Ethiopie et le Soudan étaient toujours réunis vendredi à Washington, au-delà de la date butoir initialement fixée à mercredi pour aboutir à un accord sur un immense barrage sur le Nil bleu, qui suscite des tensions régionales depuis neuf ans.

"Les discussions sur le Grand barrage éthiopien de la renaissance (GERD) entre l'Ethiopie, l'Egypte et le Soudan, qui ont débuté le 28 janvier, se poursuivent aujourd'hui pour la quatrième journée consécutive", a tweeté vendredi l'ambassadeur éthiopien aux Etats-Unis, Fitsum Arega. Il a prévenu une fois de plus que son pays n'accepterait aucun accord qui ne reconnaisse pas son droit à utiliser l'eau du fleuve.Des ministres des trois pays avaient esquissé un compromis mi-janvier dans la capitale américaine, en présence du Trésor américain et de la Banque mondiale. Ils se sont retrouvés mardi à Washington et s'étaient initialement donné jusqu'à mercredi pour "finaliser un accord".Mais depuis mardi, aucune communication n'a eu lieu.Les responsables de différentes parties interrogés par l'AFP n'ont pas été en mesure de dire quand les négociations prendraient fin.Longue de 1,8 km et haute de 145 m, la digue, dont les travaux ont débuté en 2011, doit devenir le plus grand barrage hydroélectrique d'Afrique.Ce projet inquiète vivement l'Egypte, située en aval et dont 97% des besoins en eau sont fournis par le Nil. Pour sa part, l'Ethiopie affirme avoir un besoin critique de cette électricité pour son développement.Les ministres avaient fait des progrès mi-janvier sur la principale pierre d'achoppement: le rythme et les modalités du remplissage du réservoir du futur barrage, censé contenir 74 milliards de m3 d'eau. Plusieurs points techniques et juridiques restaient toutefois à finaliser.Le Nil bleu, qui prend sa source en Ethiopie, rejoint le Nil blanc à Khartoum pour former le Nil, qui traverse le Soudan et l'Egypte avant de se jeter dans la Méditerranée.