Bénin: le président Yayi favorable à un report de l'élection de dimanche

4 mars 2011 à 14h41 par La rédaction

COTONOU (AFP)

Le président béninois Boni Yayi, candidat à sa réélection, s'est dit favorable vendredi à un second report de la présidentielle prévue dimanche, après de nombreux appels en ce sens du Parlement, de l'opposition, de l'ONU et de l'UA.

A seulement 48 heures du scrutin et au dernier jour de la campagne, M. Yayi a ainsi finalement ouvert la voie à un ajournement qu'il avait jusqu'alors rejeté, craignant une crise constitutionnelle.

"Il est pour un report", a déclaré à l'AFP son porte-parole Marcel de Souza, mais "tient" à ce que "le délai constitutionnel qui traduit la fin de son mandat soit rigoureusement respecté", a-t-il souligné.

La date de l'élection, initialement prévue le 27 février, avait déjà été repoussée d'une semaine en raison de retards dans la confection du fichier électoral qui compte désormais quelque 3,5 millions d'inscrits.

Pour qu'un report soit effectif, le chef de l'Etat doit encore promulguer une loi votée vendredi matin par le parlement, accordant un délai supplémentaire aux responsables du système électoral.

Opposition, syndicats et organisations de la société civile ont multiplié ces dernières semaines les appels à un ajournement, avançant que plus d'un million d'électeurs n'ont pas été enregistrés dans le nouveau fichier électronique.

Plusieurs manifestations ont eu lieu à Cotonou, la capitale économique de l'ancienne colonie française de 9,3 millions d'habitants.

Il est aussi apparu que de nombreux électeurs n'étaient toujours pas en possession de leur carte à quelques jours du vote.

Le gouvernement a jusqu'à présent dit craindre qu'un nouveau report engendre une crise constitutionnelle: le quinquennat de Boni Yayi expire le 6 avril et la loi fondamentale prévoit que son successeur prête serment d'ici cette date.

Si aucun candidat n'obtient la majorité absolue, un second tour doit se dérouler 15 jours après le premier, un scénario très probable selon les observateurs.

Jeudi, l'Onu, l'Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont cependant aussi apporté leur soutien à un nouvel ajournement.

Une délégation de haut niveau de ces trois organisations, en visite jeudi à Cotonou pour "s'enquérir de l'état des préparatifs des élections", a fait cette annonce à l'issue d'entretiens avec le président sortant, son principal adversaire et des responsables électoraux.

Elle a appelé à un report de "quelques jours" qui devrait permettre "la finalisation du processus de distribution des cartes électorales, le parachèvement des dispositions nécessaires par la (commission électorale), la désignation et la formation de tous les agents de bureaux de vote".

Selon le texte de loi adopté vendredi au Parlement, les responsables du système électoral "sont habilités à prendre toutes les mesures utiles visant à assurer et à faciliter aux citoyens en âge de voter l'exercice de leur droit constitutionel de vote".

"Les dites mesures de facilitation de l'exercice de vote doivent se réaliser dans un délai de cinq jours".

Quatorze candidats sont en lice pour l'élection qui se jouera essentiellement entre M. Yayi et l'opposant Adrien Houngbédji, qui convoite la présidence depuis vingt ans.

Un troisième homme, l'économiste Abdoulaye Bio Tchané qui se présente pour la première fois, pourrait se retrouver en "faiseur de roi".