Bénin: les syndicats manifestent contre le fichier électoral

22 février 2011 à 17h28 par La rédaction

COTONOU (AFP)

Environ un millier de personnes ont manifesté mardi dans Cotonou pour dénoncer un fichier électoral jugé incomplet à l'approche de l'élection présidentielle du 6 mars, selon la police.

Après avoir défilé dans le calme, les manifestants se sont rassemblés sur la Place de l'Etoile Rouge, en centre-ville, pour un meeting.

Ils étaient "environ un millier", a indiqué à l'AFP le commissaire central de Cotonou, Louis-Philippe Houndégnon.

Gaston Azoua, secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB, première centrale du pays), a dénoncé une "complicité coupable de l'Etat" dans un fichier électoral jugé largement incomplet.

Après la présentation d'un fichier provisoire il y a trois semaines, des représentants de l'opposition notamment, avaient fait part de leur mécontentement, estimant que jusqu'à un tiers des électeurs n'y figuraient pas.

S'adressant à la foule, M. Azoua a déclaré : "Nous demandons de manière formelle que soient intégrés à ce fichier le tiers qu'ils ont abandonnés", ajoutant que les syndicats allaient envoyer par courrier leurs revendications à la Cour constitutionnelle.

Onze des 14 candidats au scrutin présidentiel ont demandé la semaine dernière, en vain, un report de quelques semaines.Initialement prévu le 27 février, le premier tour a déjà été décalé d'une semaine pour permettre la poursuite du travail sur le fichier. 

Le président Boni Yayi, élu en 2006 et candidat à sa succession affrontera notamment le vétéran de l'opposition Adrien Houngbédji et Abdoulaye Bio Tchané, ex-président de la Banque Ouest-africaine pour le Développement (BOAD).

Dimanche soir, le responsable du fichier électoral, Arifari Bako, l'a remis, dans sa version définitive, à la commission électorale nationale autonome (Cena).La liste des inscrits comptait 3.520.576 d'électeurs, a affirmé Bako qui a demandé "à ceux qui n'ont pas pu s'enregistrer pour ces élections (...) d'attendre les prochaines échéances".

Lundi, la police avait usé de gaz lacrymogènes pour disperser une manifestation de l'opposition, également pour dénoncer le fichier électoral incomplet.Environ un millier de personnes s'étaient réunies devant la Cour constitutionnelle à l'appel de la coalition L'Union fait la Nation (UN) qui soutient la candidature de M. Houngbédji.