Biens de Ben Ali: deux ONG veulent la désignation d'une juge d'instruction

Par La rédaction

PARIS (AFP)

Deux organisations non gouvernementales (ONG), Sherpa et Transparence International France, ont annoncé jeudi le dépôt d'une nouvelle plainte à Paris à l'encontre de l'ancien président tunisien Ben Ali et de son entourage afin d'obtenir la désignation d'un juge d'instruction.

Cette plainte avec constitution de partie civile - qui entraîne automatiquement la désignation d'un juge d'instruction - intervient après l'ouverture d'une enquête préliminaire en janvier consécutive au dépôt d'une plainte simple par ces deux ONG.

La plainte vise des faits présumés de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, abus de confiance et blanchiment aggravé commis en bande organisée.

L'ouverture d'une information judiciaire "devrait permettre d'établir le caractère licite ou non des avoirs recensés sur le sol français et d'engager le plus rapidement possible la restitution au peuple tunisien (...) des avoirs illégalement constitués", soulignent les deux ONG dans un communiqué.

"Cette démarche nous paraît plus que nécessaire compte tenu des faibles avancées de l'enquête de police d'une part et des pouvoirs qui sont ceux du juge d'instruction dans la conduite des enquêtes d'autre part", ajoutent-elles.

Sherpa, Transparency International et la Commission arabe des droits humains avaient porté plainte le 19 janvier contre Zine El Abidine Ben Ali et son entourage, quelques jours après sa fuite en Arabie Saoudite.

Le parquet avait ouvert quelques jours plus tard une enquête préliminaire pour recenser et identifier l'origine des biens détenus en France par l'ancien président, confiée à l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) et à la cellule antiblanchiment du ministère de l'Economie, Tracfin.

Dans le cadre de cette enquête, douze comptes appartenant à quatre proches du président tunisien déchu ont été récemment saisis en France, pour un montant de 12 millions d'euros.

Le 1er février, la justice française avait déjà saisi à l'aéroport du Bourget un avion privé appartenant à la famille Mabrouk, dont un des membres est un gendre de Ben Ali.