Biens mal acquis au Congo: des ONG pro-gouvernementales à la Cour européenne

20 décembre 2010 à 20h59 par La rédaction

BRAZZAVILLE (AFP)

Plusieurs ONG pro-gouvernementales congolaises ont annoncé lundi qu'elles allaient saisir la Cour de justice de l'Union européenne (UE) pour obtenir l'annulation de la décision française d'enquêter sur les "biens mal acquis" visant notamment le président congolais.

Le président de la Fédération congolaise des droits de l'homme (Fecodho, une coalition de 20 associations), Germain Céphas Ewangui, a indiqué à l'AFP que son départ pour Luxembourg était "imminent".

"En ayant procédé comme elle l'a fait, la Cour de cassation française s'est rendue coupable d'un comportement discriminatoire en violation de la résolution 1904 des Nations unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale.La justice française a violé en toute mauvaise foi le principe de l'immunité présidentielle ou politique", estime la requête de la Fecodho.

La Cour de cassation a jugé recevable le 9 novembre la constitution de partie civile de l'ONG Transparency international (TI) France dans un dossier diplomatiquement sensible impliquant outre le président congolais Denis Sassou Nguesso, les présidents Teodoro Obiang Nguema de Guinée équatoriale et Omar Bongo Ondimba du Gabon, décédé en 2009.

Cette décision a ouvert la voie à une enquête sur le patrimoine en France de ces chefs d'Etat et de certains de leurs proches.

Au Congo, le parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) et ses alliés ont appelé à "une union sacrée" contre la France et TI.

De leur côté l'Observatoire congolais des droits de l'homme (OCDH) et l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS, principale formation d'opposition) ont jugé "bonne" la décision de la justice française.

Les juges d'instruction parisiens Roger Le Loire et René Grouman ont été désignés pour mener l'enquête sur le patrimoine des trois présidents africains estimé à 160 millions d'euros.