Bissau: début de la campagne pour les législatives du 10 mars

Par AFP

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La campagne pour les élections législatives du 10 mars a démarré samedi en Guinée-Bissau, au lendemain de l'arrivée d'une délégation de l'ONU pour la tenue d'un scrutin pacifique, dans ce pays habitué à l'instabilité politique et militaire, a constaté l'AFP.

Ces élections, initialement prévues en novembre, doivent permettre de mettre fin à la crise que traverse le pays depuis l'éviction en août 2015 par le président José Mario Vaz de son Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir), auquel M. Vaz appartient également.Le scrutin législatif devrait être suivi par une élection présidentielle. Ce processus électoral pourrait ouvrir la voie à une levée des sanctions internationales imposées à ce pays depuis 2012 à la suite d'un coup d'Etat militaire. La campagne électorale dure jusqu'au 8 mars. 21 formations dont le PAIGC sont en lice pour le scrutin du 10 mars, à un seul tour, dans ce pays à régime parlementaire.Des caravanes formées de plusieurs véhicules ont quitté samedi, pour y revenir prochainement, Bissau, plutôt calme en ce début de campagne, selon un journaliste de l'AFP.Les cortèges se sont dirigés vers deux des plus grandes villes du pays, Bafata et Gabu, dans l'est, région qui forme la deuxième plus grande circonscription électorale après la capitale."Ce que nous voyons n'a rien à voir avec la réelle situation de pauvreté du pays, de déliquescence financière du gouvernement. C'est triste qu'un des pays les plus pauvres du monde expose autant de voitures de luxe pour séduire des électeurs", a déclaré un magistrat sous couvert de l'anonymat.Une mission des 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU est arrivée vendredi à Bissau pour un séjour de 24 heures. Elle est venue "encourager les autorités de ce pays à tenir des élections législatives et Présidentielle pacifiques", selon une source au ministère des Affaires étrangères.Les élections du 10 mars doivent permettre de renouveler les 102 sièges de l'Assemblée nationale dominée par l'opposition, avec 15 députés pour le mouvement pour l'alternance et la démocratie (Madem) et 41 députés pour le Parti pour la rénovation sociale (PRS). Le PAIGC, après notamment une dissidence de députés du Madem, compte actuellement 42 députés. D'autres petits partis contrôlent le reste des sièges.