Bissau: le pouvoir déchu refuse de reconnaître le gouvernement de transition

16 mai 2012 à 20h33 par La rédaction


LISBONNE (AFP) - (AFP)

L'ex-Premier ministre de Guinée-Bissau Carlos Gomes Junior s'est fermement opposé, mercredi à Lisbonne, à la nomination de l'économiste Rui Duarte Barros au poste de Premier ministre de transition, suite au coup d'Etat militaire du 12 avril.

"C'est un gouvernement que nous ne reconnaissons pas", a-t-il dit devant la presse à l'issue d'une réunion avec les ambassadeurs auprès de la CPLP, la Communauté des pays de langue portugaise.

"Nous exigeons le retour à l'ordre constitutionnel.Je suis le Premier ministre légitimement élu", a-t-il ajouté.

M. Gomes et l'ex-président par intérim de Guinée Bissau, Raimundo Pereira, sont arrivés mercredi à Lisbonne où ils ont été reçus par le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho et le président Anibal Cavaco Silva.

De son côté M. Pereira s'est déclaré opposé à la décision, la semaine dernière, de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) de confier le processus de transition au président de l'Assemblée nationale, Manuel Serifo Nhamadjo, la personnalité proposée par les militaires qui ont pris le pouvoir.

"Je n'ai à aucun moment renoncé à mon poste de président de la République par intérim.La tentative de désigner un autre président par intérim est donc absolument anticonstitutionnelle", a dit M. Pereira.

"Sans mépriser les efforts de la Cédéao, je veux (..) réaffirmer que nous défendons le rétablissement de l'ordre constitutionnel, avec toutes les autorités en fonction jusqu'au jour du coup d'Etat", a-t-il dit.

"Je n'ai pas accepté de renoncer à mon poste car un tel geste serait le début d'une légitimation du coup d'Etat", a-t-il ajouté.

MM.Pereira et Gomes, arrêtés le jour du coup d'Etat par l'armée, ont été libérés le 27 avril et évacués sur Abidjan.

La désignation de l'économiste Rui Duarte Barros au poste de Premier ministre est intervenue après la signature d'un Pacte de transition d'un an par les représentants des putschistes et de 35 partis politiques, à l'exception de l'ex-parti au pouvoir, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC).