Bissau: Paris appelle l'armée à rester "à l'écart" de la crise politique

4 mars 2020 à 13h31 par AFP

AFRICA RADIO

La France a appelé mercredi l'armée en Guinée-Bissau à rester "à l'écart" et tous les acteurs "à la retenue" dans la querelle post-électorale qui se poursuit dans ce pays, deux mois après la présidentielle.

L'organisation ouest-africaine Cédéao avait déjà estimé illégales lundi les investitures de deux chefs d'Etat rivaux dans ce petit pays d'Afrique de l'Ouest et appelé l'armée à rester neutre dans un contexte de plus en plus tendu."La France partage les fortes préoccupations exprimées (...) par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), dont elle salue l'implication fondamentale", a déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères."La France invite les forces de défense et de sécurité de Guinée-Bissau à se tenir à l'écart de la vie politique et appelle tous les acteurs à la retenue et au respect du cadre juridique et de l'ordre institutionnel pour résoudre le différend électoral", a-t-elle ajouté.Depuis vendredi, des militaires se sont établis dans plusieurs institutions du pays (ministères, Assemblée nationale...) et ont pris le contrôle de la radio et de la télévision, sans qu'on sache si l'armée a choisi un camp et lequel.L'ex-Premier ministre Domingos Simoes Pereira, candidat du principal parti (PAIGC), conteste toujours la victoire attribuée par la commission électorale (CNE) à un autre ex-Premier ministre, l'opposant Umaro Sissoco Embalo.M. Embalo s'est fait investir président jeudi et s'est installé au palais présidentiel. Il a nommé vendredi un nouveau Premier ministre parmi ses soutiens, Nuno Gomes Nabiam, après avoir limogé le Premier ministre Aristides Gomes (PAIGC), reconnu par la communauté internationale.Le PAIGC a de son côté investi vendredi comme "président intérimaire" un de ses responsables, le président de l'Assemblée nationale Cipriano Cassama. Mais M. Cassama a démissionné de cette fonction dimanche, après avoir reçu, selon lui, "des menaces de mort".Depuis son indépendance en 1974, la Guinée-Bissau a connu quatre coups d'Etat, seize tentatives et une valse continue de Premiers ministres.Depuis le dernier putsch en 2012, une force de la Cédéao, l'Ecomib, veille en outre au grain.La Guinée-Bissau est l'un des pays les plus pauvres de la planète. Les narcotrafiquants utilisent son territoire pour faire transiter la cocaïne d'Amérique latine vers l'Europe.