Bissau/présidentielle: le président sortant soutient le candidat de l'opposition

Par AFP

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Le président sortant de Guinée-Bissau José Mario Vaz soutiendra au second tour de la présidentielle, le 29 décembre, le candidat de l'opposition Umaro Sissoco Embalo, face au chef du parti historique, l'ex-Premier ministre Domingos Simoes Pereira, a-t-on appris dimanche auprès des camps de MM. Vaz et Embalo.

L'ancien Premier ministre Embalo était arrivé 2e au premier tour, le 24 novembre, avec 27,65% des voix contre 40,13% pour M. Pereira, candidat du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, majoritaire)."Nous allons soutenir sans réserve Umaro Sissoko Embalo", a déclaré dimanche à l'AFP Eri Mané, un membre de l'entourage du président sortant, confirmant un accord conclu samedi à Bissau, en présence de MM. Vaz et Embalo.M. Embalo a déjà obtenu le ralliement des principaux ténors, comme l'opposant Nuno Gomes Nabiam (3e avec plus de 13% des voix), lors d'un accord à Dakar le 3 décembre.Un autre ex-Premier ministre, Carlos Domingos Gomes, également recalé au premier tour (plus de 2%), avait annoncé le 30 novembre son soutien à M. Embalo, 47 ans, investi par une dissidence du PAIGC, le Madem.M. Vaz, élu en 2014 sous l'étiquette du PAIGC puis exclu de cette formation, s'était présenté en indépendant au premier tour et est arrivé quatrième avec 12,41% des voix.Domingos Simoes Pereira, 56 ans, chef du gouvernement en 2014-2015, va quant à lui compter au second tour sur les soutiens de deux candidats malheureux au premier tour et chefs de petits partis, Yaya Djalo et Idrissa Djalo.La campagne pour le second tour doit commencer le 13 décembre pour s'achever le 27. M. Pereira, ingénieur en génie civil diplômé d'universités de l'ex-URSS et de Californie, a milité près de 30 ans au PAIGC dont il a pris la tête en 2014. Il a occupé de multiples postes dans les services de l'Etat, dont ceux de ministre et finalement de Premier ministre avant d'être limogé par le président Vaz en 2015.M. Embalo a, lui, démissionné de la tête du gouvernement en 2018. Général de brigade en réserve, ancien du PAIGC, il a, selon son entourage, conseillé, y compris comme ministre, tous les présidents depuis le dernier régime de Joao Bernardo Vieira, assassiné en 2009 par des militaires.L'un des enjeux majeurs de l'élection est la stabilité de cette ancienne colonie portugaise de 1,8 million d'habitants en état de crise politique permanente. Les deux tiers de la population vivent avec moins de deux dollars par jour. Le pays est devenu une plate-forme du trafic de cocaïne en provenance d'Amérique du Sud et à destination de l'Europe.