Bissau: tensions près du domicile d'un ex-haut gradé à la veille des résultats de la présidentielle

Par AFP

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La tension était sensible mardi soir près du domicile d'un ancien chef controversé de la marine de Guinée-Bissau, à la veille de l'annonce du vainqueur de la présidentielle dans ce pays à l'histoire tumultueuse, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des hommes en arme "empêchent de sortir" de son domicile depuis le début de la matinée l'ex-contre-amiral José Americo Bubo Na Tchuto, chef de la marine pendant la première décennie des années 2000, a-t-il indiqué dans la soirée à l'AFP.Cet homme qui a fait six mois de détention pour tentative de putsch en 2012, et trois ans de prison aux Etats-Unis pour trafic de drogue, a expliqué être "soupçonné par l'armée de vouloir renverser" le résultat du scrutin, qui doit être annoncé mercredi. Le second tour de la présidentielle, à l'issue incertaine, a opposé dimanche le chef du principal parti du pays, le PAIGC, Domingos Simoes Pereira, à un dissident de cette formation historique, Umaru Sissoco Embalo.Surnommé "Bubo", l'ex-patron de la marine s'est défendu de toute volonté d'immixtion dans le processus électoral, et en particulier de vouloir favoriser l'arrivée au pouvoir de M. Pereira, un ancien Premier ministre.Ces tensions rappellent que la Guinée-Bissau, ancienne colonie portugaise d'Afrique de l'Ouest, a connu quatre coups d'Etat, le dernier en 2012, et une quinzaine de tentatives de putsch depuis son indépendance en 1974.Le chef de l'armée, le général Biague Na Ntam, a affirmé plusieurs fois ces dernières semaines que les militaires n'interviendraient pas dans le processus électoral.Mardi soir, des hommes en armes se présentant comme faisant partie de la garde rapprochée de l'ancien contre-amiral Na Tchuto étaient postés devant son domicile de la banlieue de Bissau, tandis que des hommes en uniforme étaient visibles sur le chemin menant à sa maison, ont constaté des journalistes de l'AFP.Il n'a pas été possible de confirmer dans l'immédiat auprès de l'armée si un ordre avait été donné pour l'empêcher de sortir de son domicile, protégé d'un mur épais et fortement éclairé, dans un quartier de Alta Bandim plongé dans le noir.Le président sortant José Mario Vaz a appelé mardi dans ses voeux de Nouvel an se compatriotes à attendre dans le calme les résultats de la présidentielle.