Boko Haram: le Nigeria a renvoyé 11.000 Nigériens et Tchadiens

Par La rédaction

LAGOS (AFP) - (AFP)

Le Nigeria a renvoyé environ 11.000 ressortissants de pays voisins, principalement des Tchadiens et des Nigériens, au cours des six derniers mois dans le cadre de sa lutte contre un mouvement islamiste violent, ont indiqué lundi les services de l'immigration.

"Le dernier chiffre est de 11.000.La majorité provient du Niger et du Tchad", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'immigration, Joachim Olumba.

Le Nigeria est secoué depuis des mois par des violences meurtrières attribuées au mouvement islamiste Boko Haram, soupçonné de compter dans ses rangs des ressortissants de pays voisins.

Ce groupe, dont la base est située à Maiduguri (nord-est), tout près des frontières avec le Cameroun, le Tchad et le Niger, multiplie les attentats et assassinats devenus quasi-quotidiens.

Le renvoi d'étrangers "s'est intensifié ces six derniers mois à la suite de l'insurrection de Boko Haram", a expliqué M. Olumba.

"Nous nous devons de débarrasser le pays de ces éléments indésirables", a-t-il dit.

Les services de l'immigration identifient les individus à expulser sur la base de travaux de renseignement.

"Généralement, nous leur demandons quel est le motif de leur séjour au Nigeria, et quand nous découvrons qu'ils n'ont pas les papiers requis, nous les renvoyons", a expliqué M. Olumba.

Les violences imputées à Boko Haram depuis une insurrection du groupe en juillet 2009 qui avait été brutalement réprimée par l'armée, ont fait plus de 1.000 morts, selon un décompte de l'organisation Human Rights Watch et de l'AFP.

Rien que depuis le début de l'année, plus de 300 personnes ont été tuées.

Boko Haram a dans le passé affirmé vouloir créer un Etat islamique dans le nord du Nigeria, majoritairement musulman, tandis que le sud est à dominante chrétienne.

Beaucoup s'interrogent sur des liens entre ces islamistes et la branche maghrébine d'Al Qaïda (Aqmi).L'un des chefs de l'armée nigériane a affirmé la semaine dernière que de telles connexions existaient.