Bousculade mortelle d'Abidjan: la démission du ministre de l'Intérieur réclamée

3 janvier 2013 à 12h15 par La rédaction

ABIDJAN (AFP) - (AFP)

Le parti de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a réclamé jeudi la démission du ministre de l'Intérieur après la bousculade qui a fait 63 morts à Abidjan durant la nuit du Nouvel An, jugeant que les "précautions sécuritaires nécessaires" n'avaient pas été prises.

Dans un communiqué, le Front populaire ivoirien (FPI) "demande avec insistance" la démission du ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko "en attendant les résultats de l'enquête promise par le chef de l'Etat" Alassane Ouattara.

Le gouvernement, "en appelant des milliers de jeunes Ivoiriens à une manifestation nocturne de cette envergure, n'a pas pris les précautions sécuritaires nécessaires pour éviter une telle tragédie nationale", a accusé le FPI.

Se disant "choqué" par le drame, le parti de M. Gbagbo a "exhorté" le pouvoir "à sortir de l'amateurisme et de la forfanterie pour assurer la sécurité des Ivoiriens".

Selon le dernier bilan officiel, 63 personnes, dont de nombreux jeunes, ont été tuées et 48 blessées lors d'une bousculade survenue quand une foule immense de spectateurs quittait le quartier administratif du Plateau (centre d'Abidjan), après avoir assisté aux feux d'artifice de la Saint-Sylvestre.

Le gouvernement a promis mercredi que l'enquête sur la bousculade serait bouclée avant la fin de la semaine.

Le Premier ministre Daniel Kablan Duncan a réfuté mercredi sur Radio France Internationale (RFI) tout manquement en matière de sécurité et, interrogé sur d'éventuelles sanctions, a jugé que l'urgence pour les Ivoiriens était plutôt de "se serrer les coudes" dans l'épreuve.

Dans son édition de jeudi, le quotidien d'Etat Fraternité-Matin a souhaité que les investigations aillent jusqu'au bout, alors que par le passé les enquêtes sur des drames de ce genre ont abouti à des "impasses".

Il faut "sortir des conclusions hâtives" et "dépolitiser ce drame", a plaidé de son côté La Patriote, journal très proche du pouvoir, alors que la presse pro-Gbagbo a appelé à des sanctions dès le lendemain de l'accident.

M. Gbagbo est détenu depuis novembre 2011 à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI), qui le soupçonne de crimes contre l'humanité commis durant la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui a fait environ 3.000 morts.