Brazzaville: indemnité pour les proches de 13 jeunes tués dans un commissariat

17 novembre 2020 à 14h35 par AFP

AFRICA RADIO

Les proches de treize jeunes tués dans un commissariat à Brazzaville en 2018 vont finalement recevoir une indemnité de 15 millions de francs CFA (22.847 euros) par victime, selon une décision mardi en appel de la justice congolaise.

"Les juges de la cour d'appel ont annulé le premier jugement. Ils ont requalifié les faits et reconnu la responsabilité civile de l'Etat congolais et des prévenus", a déclaré à l'AFP l'avocat des parties civiles Me Steve Bagne."Nous sommes un peu satisfaits parce que le jugement de la première instance a été annulé. Mais 15 millions par victime c'est minime parce que les jeunes ont perdu la vie à la fleur de l'âge", a-t-il ajouté.La Cour d'appel de Brazzaville examinait en effet mardi le recours contre le jugement de la chambre correctionnelle en mars 2019, qui ne prévoyait aucune indemnité.Six policiers avaient alors été condamnés à des peine allant de un à deux ans de prison pour "homicide involontaire". Les avocats de la partie civile avaient dénoncé un jugement "complaisant".Présents à l'audience publique mardi matin, quelques parents de victimes restaient visiblement mécontents, a constaté un journaliste de l'AFP."Nous ne sommes pas satisfaits parce que nous avons perdu des êtres chers. Mais, ce qui est fait est fait. Je pense que la justice a de bonnes raisons d'agir ainsi. A notre niveau on ne peut plus espérer quelque chose de mieux", a indiqué un parent de victime qui a requis l'anonymat.Dans la nuit du 22 au 23 juillet 2018, treize jeunes avaient trouvé la mort dans le commissariat de Chacona du quartier de Mpila à Brazzaville.A l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur Raymond-Zéphirin Mboulou avait fini par reconnaître qu'ils avaient trouvé la mort au commissariat après avoir été interperllés parmi une "vingtaine de jeunes"."Il ne s'est rien passé au commissariat", avait déclaré dans un premier temps le ministre de la Communication, Thierry Moungalla, selon qui "deux bandes se sont affrontées de manière très violente sur la voie publique" avec pour conséquence "la mort de plusieurs hommes".Après le drame, le gouvernement congolais avait accordé deux millions de francs CFA (3.049 euros) par famille pour l'enterrement des victimes.