Burkina: 14 militaires tués dans l'attaque de mercredi selon un nouveau bilan

12 novembre 2020 à 19h10 par AFP

AFRICA RADIO

Quatorze militaires ont été tués dans une embuscade mercredi dans le nord du Burkina Faso, soit l'une des plus graves attaques contre l'armée depuis cinq ans, qui survient en pleine campagne présidentielle, selon un nouveau bilan fourni jeudi par une source sécuritaire.

"Après les opérations de ratissages suite à l'embuscade contre des éléments du détachement de Tin-akoff survenu hier (mercredi), le bilan est 13 militaires et un gendarme décédés", a déclaré à l'AFP une source de sécurité sous couvert d'anonymat. "Il y a sept éléments blessés, dont trois gravement qui ont été évacués sur Ouagadougou. Les autres sont pris en charge dans un centre sanitaire de Dori", a ajouté cette source.Le précédent bilan jeudi matin faisait état de "sept militaires tués, "des blessés", et des soldats "portés disparus", selon une autre source sécuritaire.D'après cette source, "une patrouille militaire est tombée dans une embuscade sur l'axe Tin Akoff-Beldiabé", des localités situées dans la province de l'Oudalan, frontalière du Mali et du Niger.L'attaque n'a pas été revendiquée dans l'immédiat.La plus grave attaque subie par l'armée burkinabè s'était produite le 19 août 2019, lorsque des jihadistes avaient frappé une base militaire à Koutougou, dans le nord, tuant 24 soldats. Mais les civils ont payé un tribut encore plus lourd, lors de la pire attaque jihadiste jamais enregistrée sur le sol burkinabè, le 24 décembre 2019, dans laquelle 42 personnes (35 civils et 7 militaires) avaient péri.Le Burkina Faso, miné par une spirale d'attaques jihadistes depuis cinq ans, organise des élections présidentielle et législatives le 22 novembre.Le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré, candidat à un second mandat, a lancé sa campagne la semaine passée en promettant de ramener "la paix". Ses détracteurs lui reprochent d'avoir été incapable de faire face aux menaces jihadistes croissantes lors de son premier mandat.En raison des violences jihadistes touchant une grande partie du territoire, près de 1.500 villages (sur plus de 8.000) dans 22 communes (sur plus de 300) ne participeront pas au scrutin. En septembre, les députés ont adopté une loi permettant de valider les résultats des élections même si elles ne se déroulent pas sur l'ensemble du territoire. Les attaques jihadistes, souvent entremêlées à des conflits intercommunautaires, ont fait plus de 1.200 morts et un million de déplacés depuis 2015 au Burkina, et 4.000 morts au total dans trois pays sahéliens, Mali, Niger et Burkina Faso en 2019, selon l'ONU.