Burkina: l'EI revendique l'une des plus graves attaques contre l'armée

14 novembre 2020 à 16h53 par AFP

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L'organisation Etat islamique (EI) a revendiqué samedi l'une des plus importantes attaques commises contre l'armée burkinabè, dans laquelle 14 soldats ont été tués mercredi dans le nord du pays en pleine campagne électorale pour la présidentielle et les législatives du 22 novembre.

L'EI, qui est représenté au Sahel par le groupe armé jihadiste Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) d'Abou Walid Al-Sahraoui, a revendiqué l'embuscade dans un message en arabe diffusé par son agence de propagande Amaq sur les réseaux sociaux.Tandis que le bilan officiel fait état de 14 morts dans cette embuscade tendue contre une "patrouille militaire" sur l'axe Tin Akoff-Beldiabé (province de l'Oudalan), l'EI affirme dans sa revendication avoir tué 20 soldats burkinabè.Vendredi, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) affilié à Al-Qaïda au Sahel avait également revendiqué cette attaque dans un message posté sur les réseaux sociaux.Les deux groupes jihadistes, rivaux dans cette région du monde et ailleurs, ont plusieurs fois par le passé revendiqué les mêmes attaques par "opportunité" et "possibilité de gain politique facile", selon un universitaire malien qui ne souhaite pas être cité.La région de l'attaque de mercredi, dans le nord du pays frontalier du Niger et du Mali, est situé dans la zone dite des "trois frontières" où l'EI est très implanté depuis plusieurs années.L'armée burkinabè a essuyé ces dernières années de lourdes pertes face aux groupes jihadistes. Parmi les plus graves: 12 soldats tués en décembre 2016 à Nassoumbou (nord), huit en mars 2018 dans l'attaque contre l'état-major général des armées à Ouagadougou, et "une dizaine" en décembre 2019 à Hallalé (nord).La plus grave attaque s'est produite le 19 août 2019, lorsque des jihadistes avaient frappé une base militaire à Koutougou (nord), tuant 24 soldats.Le Burkina Faso est en pleine campagne électorale pour la présidentielle et les législatives du 22 novembre. Plusieurs candidats, dont le président actuel Roch Marc Christian Kaboré, ont suspendu leur campagne pour deux jours.