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Burkina: l'opposition appelle à "sécuriser les lieux de culte" après une attaque meurtrière contre une église

18 février 2020 à 16h10 Par AFP
L'opposition politique burkinabè a appelé mardi les autorités à "sécuriser les lieux de culte", après une attaque armée qui a fait 24 morts dont plusieurs fidèles d'une église protestante, à Pansi, dans le nord du Burkina Faso. Cette attaque, qui a particulièrement ciblé une église protestante et le marché de la localité, a également fait 18 blessés et plusieurs personnes ont été enlevées. "Il est impératif que l'Etat sécurise les lieux de culte, de même que les autres lieux de rassemblement des citoyens", a déclaré au nom de l'opposition politique, Jean Hubert Bazié, président du parti l'Espoir. "Il est aussi nécessaire que le gouvernement créée un Observatoire national des libertés religieuses (...) pour veiller à ce que les ennemis, par des stratégies de communication et de manipulation bien conçues, ne parviennent à créer un affrontement interreligieux", a-t-il suggéré.Les attaques attribuées à des groupes jihadistes, contre les églises ou des religieux chrétiens se sont multipliées récemment au Burkina, pays sahélien pauvre d'Afrique de l'Ouest.Le 10 février, un groupe armé avait fait irruption dans la ville de Sebba, capitale de la province du même nom, avant d'enlever sept personnes au domicile d'un pasteur.Trois jours plus tard, cinq de ces personnes, dont le pasteur, étaient retrouvées mortes, les deux autres, des femmes, étant saines et sauves, selon le gouverneur de région.Sous-équipées et mal entraînées, les forces de sécurité burkinabè n'arrivent pas à enrayer la spirale de violences malgré l'aide de forces étrangères notamment de la France, présente dans le Sahel avec 4.500 hommes dans le cadre de l'opération antijihadiste Barkhane.Les forces burkinabè ont toutefois revendiqué une série de succès depuis trois mois, affirmant avoir tué une centaine de jihadistes au cours de plusieurs opérations.Les violences jihadistes - souvent entremêlées à des conflits intercommunautaires - au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont fait 4.000 morts dans ces trois pays voisins en 2019, selon l'ONU.Ces attaques ont provoqué une crise humanitaire sans précédent dans la région, déplaçant des centaines de milliers de personnes qui fuient les violences.