Burkina: les 12 morts dans une gendarmerie "n'ont pas été tués par balle" (procureur)

Par AFP

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Les douze personnes retrouvées mortes dans une gendarmerie au Burkina Faso "n'ont pas été tuées par balle", contrairement à ce qu'affirment des proches des victimes, a affirmé mercredi la justice burkinabè, une affaire qualifiée d'"inacceptable"par le président Kaboré.

"Au vu des éléments que nous possédons, les 12 personnes n'ont pas été tuées par balles", a déclaré le procureur général de la cour d'appel de Fada N'Gourma (est), Rasmané Bikienga, livrant les résultats de l'enquête judiciaire lors d'un point de presse. "Seule une autopsie pouvait révéler les causes exactes des décès", "malheureusement, l'autopsie n'a pas pu être faite", a affirmé le procureur du tribunal de grande instance de Fada N'Gourma, Judicaël Kadéba, présent au point presse.Il avait annoncé le 13 mai la mort dans la nuit de 12 personnes parmi 25 ayant été arrêtées pour "suspicion de faits de terrorisme", dans leurs cellules de la gendarmerie de Tanwalbougou, dans l'est du Burkina.Selon des proches des victimes, dont un député, et des ONG, ces 12 personnes étaient en fait des civils pris dans une rafle qui ont été exécutés sommairement d'une balle dans la tête.L'affaire a pris une ampleur nationale, alors que les forces de l'ordre burkinabè ont été plusieurs fois accusées depuis trois ans de graves bavures et d'exécutions extrajudiciaires de civils dans leur lutte contre les groupes jihadistes qui multiplient les attaques meurtrières dans le pays. Le président du Burkina Faso Roch Marc Christian Kaboré avait jugé samedi cette situation "inacceptable" et promis "des décisions (...) sans état d'âme" à l'issue des enquêtes.L'affaire va être "transmise au procureur militaire" pour "des investigations plus approfondies s'il y a lieu", a précisé le procureur général Bikienga.Les forces de l'ordre burkinabè, ainsi que des groupes d'autodéfense, ont notamment été accusées d'exactions contre des populations peules, certains Peuls ayant rejoint les groupes jihadistes qui ont tué près de 900 personnes depuis 2015 au Burkina.