Burkina: les cotonculteurs obtiennent une réduction des prix des engrais

9 mai 2011 à 13h20 par La rédaction

OUAGADOUGOU (AFP)

Les producteurs de coton au Burkina Faso, qui menaçaient de boycotter la culture cette année, ont obtenu une réduction des prix des engrais pour la campagne 2011-2012, a appris l'AFP auprès de différents acteurs de la filière.

"Le gouvernement a diminué de 1.000 FCFA (1,5 euro) le prix du sac de l'engrais au comptant", a déclaré à l'AFP Karim Traoré, président de l'Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB).

"Au regard des possibilités financières de l'Etat, le gouvernement a décidé une réduction de 1.000 FCFA sur les prix au comptant du sac de l'engrais NPKSB (une variété d'engrais) et du sac d'urée", autre type d'engrais, a confirmé Ali Compaoré, directeur général de la Société cotonnière du Gourma (Socoma), une des trois sociétés cotonnières du Burkina.

Avec cette baisse, le sac d'engrais de 50 kg coûtera 15.436 FCFA (23,5 euros) et celui de l'urée 17.000 FCFA (25,9 euros).

Cela représente une contribution de 2,6 milliards FCFA (3,9 millions d'euros) de subvention, a indiqué Célestin Tiendrébéogo, directeur général de la Société des fibres et textiles du Burkina (Sofitex), la principale société cotonnière.

Cette charge, qui sera supportée par les trois sociétés cotonnières, porte la somme des subventions aux intrants coton à 8,840 milliards FCFA (13,4 millions d'euros) dont trois milliards FCFA (4,5 millions d'euros) de la part de l'Etat, selon M. Tiendrébéogo.

Fin avril, des centaines de cotonculteurs avaient manifesté pacifiquement à Bobo Dioulasso (ouest), la principale région cotonnière du pays, pour exiger une hausse des prix d'achat du coton -fixé à 245 FCFA le kg- et la baisse des prix des intrants.Ils avaient menacé de boycotter la culture du coton si leurs doléances n'étaient pas entendues.

La doléance sur la hausse du prix d'achat du coton n'a pas été satisfaite.

Premier producteur de coton d'Afrique subsaharienne, le Burkina Faso tire plus de la moitié de ses recettes d'exportation de cette fibre textile.Le pays s'est lancé en 2010 dans une production à grande échelle du coton génétiquement modifié.