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Burkina: opposition et majorité contre le report des législatives

10 juillet 2020 à 20h47 Par AFP
La majorité présidentielle et l'opposition du Burkina se sont dits vendredi défavorables au report d'un an des législatives, recommandé par le Parlement en raison des attaques jihadistes qui minent le pays. Mercredi, le Parlement avait, après une mission d'élus nationaux dans les régions touchées par les attaques, remis un rapport au président de la République préconisant le report d'un an des législatives mais le maintien de la présidentielle, deux scrutins prévus le 22 novembre. "Nous sommes arrivés à la conclusion commune (...) qu'il était plus urgent, facile et approprié de nous en tenir aux conclusions du dialogue politique sur la même question: le maintien à une date unique, donc le couplage, des élections législatives et présidentielle et qu'elles se déroulent comme c'est prévu le 22 novembre 2020", a déclaré le chef de file de l'opposition, Zephirin Diabré."Il est bon qu'on s'en tienne au timing qui a été adopté, qui est connu et sur la base duquel le corps électoral a été convoqué. Nous, partis de l'opposition et la majorité, nous travaillons sur la base de ce timing", a soutenu, au nom de la majorité Simon Compaoré, président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, au pouvoir).MM. Diabré et Compaoré s'exprimaient à l'issue d'une rencontre au ministère de l'Administration territoriale avec les acteurs politiques pour statuer sur la proposition de l'Assemblée nationale de proroger le mandat des députés.Mercredi, le président du Parlement Alassane Bala Sakandé avait évoqué la difficulté qu'éprouveraient les habitants à aller voter et indiqué: "Dans une province où il y a seulement deux communes qui ont été enrôlées, quelle peut être la représentativité d'un député élu par deux communes sur 26 ou 30? En partant à l'élection (...) des provinces ne seront pas représentées à l'hémicycle, quelle légitimité aura cette assemblée? Tenir les élections sans des provinces s'apparente à de l'exclusion".Le Burkina Faso est en proie à de fréquentes attaques jihadistes, souvent entremêlées à des conflits intercommunautaires. Ces attaques ont fait plus de 1.100 morts depuis 2015 et contraint près d'un million de personnes à fuir leurs foyers.Selon l'ONU, les attaques jihadistes et les violences intercommunautaires ont fait 4.000 morts en 2019 au Mali, au Niger et au Burkina.