Burkina: plainte contre le pouvoir pour "non-assistance" à des victimes d'attaques

29 juin 2021 à 14h25 par AFP

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Le Balai Citoyen, mouvement de la société civile du Burkina Faso, a déposé plainte mardi contre le gouvernement pour "non-assistance à personnes en danger" lors de l'attaque de Solhan (Nord-Est), ayant fait au moins 132 morts, début juin.

Le Balai Citoyen a déposé sa plainte "auprès du procureur du Faso près le tribunal de grande instance" de Ouagadougou, évoquant "la situation sécuritaire préoccupante dans notre pays", selon un communiqué transmis à l'AFP. Le mouvement met plus particulièrement en avant l'attaque de Solhan. Dans la nuit du 4 au 5 juin des hommes armés - dont "des jeunes âgés de 12 à 14 ans" selon les autorités - ont attaqué ce village du Nord-Est, tuant au moins 132 personnes selon le gouvernement, 160 selon des sources locales.Ce massacre, qui a provoqué une vive émotion, constitue l'attaque la plus meurtrière au Burkina Faso depuis le début des violences jihadistes en 2015."La non-intervention du détachement militaire basé à Sebba (15 km de Solhan) et la durée de l'attaque qui a été d'environ 4 heures de temps ont poussé le Balai Citoyen à formuler cette plainte", a affirmé le mouvement, en pointe lors de l'insurrection populaire qui entraîna la chute de l'ex-président Blaise Compaoré en octobre 2014 après 27 ans de pouvoir.Ce "massacre constitue le symbole de l'incapacité notoire, voire de l'insouciance du gouvernement à protéger les populations contre le péril terroriste", selon le Balai Citoyen, qui estime que le pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré "a consciemment fait le choix d'abandonner les populations à leur triste sort"."Face à cette trahison d'un gouvernement insouciant aux appels au secours de populations en détresse qu'il a l'obligation de protéger en tout temps et en tous lieux", le Balai Citoyen a demande à la justice d'en "tirer toutes les conséquences de droit". Le Burkina Faso est confronté depuis 2015 à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières de groupes jihadistes. Ces attaques ont fait environ 1.500 morts et contraint près 1,5 million de personnes à fuir leurs foyers.Des manifestations de colère de milliers de Burkinabè contre cette violence ont déjà eu lieu dans tout le pays et d'autres sont prévues le weekend prochain à l'appel de l'opposition et de la société civile.