Burundi: l'opposant Agathon Rwasa a créé un parti pour les élections 2020

13 septembre 2018 à 7h22 par AFP

AFRICA RADIO

Le principal opposant burundais et ex-rebelle hutu Agathon Rwasa a créé mercredi un nouveau parti dans la perspective des prochaines élections générales prévues en 2020, a annoncé un de ses principaux lieutenants.

"Plus de 500 membres fondateurs" en provenance des 18 provinces du pays se sont rassemblés mercredi après-midi à Bujumbura pour "une réunion constitutive d'un nouveau parti", a expliqué à l'AFP le député Pierre-Célestin Ndikumana, le président du principal groupe parlementaire d'opposition, une coalition d'indépendants.Le but de la création de ce parti, appelé le Front national pour la liberté-Amizero y'Abarundi (Espoir des Burundais), est d'obtenir l'agrément des autorités pour participer aux élections générales prévues en 2020, au regard des nouvelles règles établies par la Constitution adoptée par référendum en mai.La nouvelle Constitution ne permet plus à une coalition d'indépendants de se présenter aux élections, comme c'était le cas en 2015 pour la coalition Amizero y'Abarundi (17% aux législatives, 2e force politique du pays), qui donne une partie de son nom au parti créé mercredi."Il fallait tenir compte de la nouvelle Constitution qui ne nous permet plus de travailler aujourd'hui", a commenté Pierre-Célestin Ndikumana. "Nous avons désormais tous les documents nécessaires pour notre agrément comme le prévoit la loi sur les partis politiques, et nous allons très rapidement déposer tout le dossier au ministère de l'Intérieur".Agathon Rwasa est le leader historique des ex-rebelles hutu des Forces nationales de libération (FNL) ayant donné un parti politique du même nom dont M. Rwasa assure avoir été évincé par le pouvoir. Il avait toujours refusé jusqu'ici de créer une nouvelle formation politique.Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé. Il avait été réélu en juillet de la même année.Les violences qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d'après les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.La presse indépendante encore présente dans le pays continue de documenter chaque semaine des cas d'arrestations arbitraires, de tortures ou de disparitions forcées de militants d'Agathon Rwasa, essentiellement commis par les Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir qualifiée de milice par l'ONU.La réforme de la Constitution adoptée en mai par référendum ouvre par ailleurs la possibilité au chef de l'Etat, au pouvoir depuis 2005, de se représenter pour deux mandats de 7 ans à partir de 2020. Mais il a surpris les observateurs en assurant en juin qu'il ne se présenterait pas à la présidentielle de 2020.