Burundi: le chef historique des ex-rebelles des FNL refait surface

5 août 2013 à 11h58 par La rédaction

Bujumbura (Burundi) (AFP)

Agathon Rwasa, chef historique du principal mouvement d'opposition burundais, les ex-rebelles des Forces nationales de libération (FNL), fera sa première "réapparition publique" mardi après trois ans de maquis, en vue de préparer l'élection présidentielle de 2015, a annoncé lundi à l'AFP son porte-parole.

Ex-rebelle converti à la politique, Agathon Rwasa était retourné dans la clandestinité à la suite du boycott par l'opposition burundaise des élections générales de 2010.Le dirigeant historique des FNL était depuis constamment qualifié de menace par le pouvoir burundais.

M. Rwasa se trouve à Bujumbura depuis quelques jours et fera "sa réapparition publique" mardi à 10h00 (08h00 GMT), devant ses militants et de nombreux invités dont des représentants de la communauté internationale, a précisé son porte-parole, Aimé Magera.

L'information a été confirmée par des sources diplomatiques.

"M.Rwasa, qui est le leader naturel de l'opposition, vient pour rassembler ses militants et la population burundaise, pour préparer les élections de 2015, parce qu'il a l'intention de se présenter comme candidat à la présidentielle", a poursuivi le porte-parole.

En reprenant le maquis en juin 2010, M. Rwasa avait affirmé "craindre pour sa vie".Depuis, le Burundi a été secoué par une série de violences imputées quasiment systématiquement par le pouvoir aux FNL.

M. "Rwasa n'a jamais repris les armes, il n'a jamais appelé à la violence, (...) c'était un complot pour l'éliminer car il a renoncé définitivement à la guerre", a cependant assuré lundi M. Magera.

Selon le porte-parole, le retour de l'ex-rebelle n'a donné lieu à aucune négociation avec le pouvoir, "mais le gouvernement sait depuis quelques temps quand et où il va réapparaître publiquement et a donné des garanties de sécurité pour son retour".

Des sources diplomatiques ont pourtant affirmé que son retour a été négocié par la communauté internationale, qui, en échange, a obtenu de M. Rwasa qu'il cesse de contester le résultat des élections de 2010.

Dimanche sur la radio privée Rema FM, le ministre burundais de l'Intérieur, Edouard Nduwimana, a de son côté simplement indiqué que M. Rwasa pouvait "rentrer comme tout Burundais qui désire revenir dans son pays natal".

"Les amis et la famille qui iront l'accueillir le feront à titre privé, et non en l'honneur d'un chef de parti politique," a-t-il toutefois prévenu, interdisant à tous de porter l'uniforme des FNL, dont M. Rwasa a été évincé il y a quelques mois au profit d'un proche du pouvoir, Emmanuel Miburo.

Depuis qu'il a repris le maquis en 2010, la localisation de M. Rwasa a toujours prêté à confusion.

Il a été signalé à plusieurs reprises dans la province troublée du Sud-Kivu en République démocratique du Congo, en Tanzanie et en Zambie.

Son porte-parole assure lui qu'il "n'a jamais quitté le Burundi", mais "se cachait au sein de la population burundaise qui l'a protégé"."C'est maintenant le bon moment pour qu'il réapparaisse."