Burundi: le rapport de HRW est un "acte de vengeance"

Par La rédaction

BUJUMBURA (AFP)

Le rapport de l'organisation de défense des droits de l'homme Human Right Watch (HRW) qui dénonce "la réduction de l'espace démocratique" au Burundi, est "un acte de vengeance et de frustration", a déclaré jeudi à l'AFP le porte-parole du gouvernement Philippe Nzobonariba.

"Ce rapport a été écrit par la représentante de HRW" (expulsée du pays) qui s'était "inscrite contre le processus électoral et avait prophétisé l'apocalypse avec ses associés de l'opposition", a expliqué ce responsable burundais.

C'est "un acte de vengeance et de frustration, après avoir constaté avec ses associés de l'opposition et de la société civile que le processus électoral a réussi", a accusé ce responsable.

La représentante de HRW au Burundi, Neela Ghoshal, avait été expulsée en juin par les autorités qui l'accusaient de "porter préjudice aux institutions" à la suite d'un rapport qui demandait au gouvernement de lutter contre les violences politiques, en augmentation à l'approche des élections et qui décrivait de nombreux incidents impliquant le parti au pouvoir.

"Le gouvernement s'interroge sur les raisons qui poussent HRW à s'acharner ainsi contre les institutions piliers du pouvoir que sont l'armée, la police et la justice", a ajouté M. Nzobonariba.

"Mais ce n'est pas étonnant car c'est évident que HRW assiste et collabore avec l'opposition", a-t-il assuré.

Dans un rapport publié mardi, l'organisation de défense des droits de l'homme a dénoncé "la réduction de l'espace démocratique" au Burundi et "une répression accrue".

Ce document liste des actes de torture, des arrestations arbitraires, l'interdiction d'activité de l'opposition, ainsi que le harcèlement d'associations de la société civile.

Suite à sa publication, l'Alliance démocratique pour le changement au Burundi (ADC), qui regroupe douze partis d'opposition, a demandé à la communauté internationale de "suspendre momentanément" l'aide à ce pays pour obtenir du pouvoir en place qu'il cesse de harceler l'opposition et mette fin à la corruption.

"C'est totalement irresponsable", a réagi le porte-parole du gouvernement, qui a dénoncé le "manque de patriotisme de cette opposition qui veut asphyxier une population totalement démunie".

Le Burundi qui tente de sortir de 13 ans de guerre civile (1993-2006) qui ont ruiné son économie dépend de l'aide internationale pour plus de 50% de son budget.