Burundi: plus de 40 "bandits armés" arrêtés par la police depuis août

23 septembre 2010 à 10h23 par La rédaction

BUJUMBURA (AFP)

Plus de 40 "bandits armés", soupçonnés d'être responsables entre autres des récents meurtres de civils au nord de Bujumbura, ont été arrêtés par la police depuis août, a annoncé le chef de la police du Burundi.

"Je dois informer le public que les forces de défense et de sécurité ont aujourd'hui réussi à appréhender un bon nombre de maillons des réseaux criminels dont certains avaient participé aux différentes tentatives avortées (de déstabiliser) le processus électoral", a déclaré à la presse mercredi soir le commissaire principal Fabien Ndayishimiye.

"Depuis le mois d'août, 22 criminels ont déjà été appréhendés et sont détenus à la prison de Mpimba (Bujumbura), 20 autres ont été appréhendés en République démocratique du Congo (voisine) et sont sous interrogatoire (...) J'ajoute que nous venons d'arrêter deux suspects du massacre de Rukoko", a assuré le chef de la police.

Selon des sources policières, les personnes interpellées appartiendraient à des partis d'opposition, essentiellement le Mouvement pour la solidarité et le démocratie (MSD), les ex-rebelles des Forces nationales de libération (FNL) et l'Union pour la paix et le développement (UPD).

Le chef de la police s'est refusé sur ce point à tout commentaire: "à la police, nous sommes tenus à la discrétion.Il faudra attendre que les dossiers soient fixés devant les tribunaux pour savoir ceux qui sont impliqués dans cette oeuvre macabre".

Le chef de la police a organisé cette conférence de presse pour "rassurer la population" après la découverte en une semaine de 14 cadavres à l'embouchure de la rivière Rusizi, alors qu'au moins 14 civils avaient également été tués la semaine dernière dans les marais voisins de la Rukoko.Ces attaques avaient été attribuées par les autorités à "des bandits armés non identifiés".

Cette série de meurtres semble toutefois confirmer des rumeurs persistantes sur la présence de nouvelles poches de rébellion dans les marais de la Rukoko et dans la forêt primaire de la Kibira, qui court du nord au centre du Burundi.

Le Burundi, qui sort d'une longue guerre civile (1993-2006) ayant fait plus de 300.000 morts, vient d'organiser un marathon électoral marqué par des violences et qui a vu le président Pierre Nkurunziza et son parti reconduits au pouvoir.

L'opposition a boycotté une bonne partie du processus et plusieurs de ses dirigeants sont actuellement en exil, de peur d'être arrêtés.