Burundi: réélu, le président Nkurunziza met en garde les "ennemis du pays"

1er juillet 2010 à 16h47 par La rédaction

BUJUMBURA (AFP)

Le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, réélu lors d'une présidentielle boycottée par l'opposition, a mis en garde les auteurs de violences qui se sont multipliées avant le scrutin, les qualifiant d'ennemis de l'Etat qui doivent être arrêtés.

"Si les élections se sont bien passées, c'est grâce à l'effort de nous tous.Et même ceux qui ont essayé de les saboter sans y parvenir n'ont fait que nous donner du travail supplémentaire", a déclaré le président Nkurunziza, réélu à une large majorité lundi, dans son premier discours depuis le scrutin de lundi.

"Les forces de sécurité, l'armée sont chargées de lutter contre les ennemis de l'Etat, nous leur demandons d'arrêter les ennemis de l'Etat avant qu'ils n'agissent", a-t-il ajouté au cours des célébrations du 48e anniversaire de l'indépendance du Burundi à Bujumbura.

"Si vous parvenez à commettre votre crime une fois en échappant à la justice, ne pensez pas que car sera la même chose si vous recommencez demain", a-t-il déclaré.

"Je vous le dis, vous serez arrêtés", a poursuivi le président burundais.

La commission électorale burundaise a annoncé mercredi la réélection du président Nkurunziza avec 91,62% des voix et une participation de 77%.Il était le seul candidat à la suite du retrait des six opposants contestant la large victoire du parti au pouvoir (CNDD-FDD) lors des élections communales du 24 mai, entachées selon eux de fraudes massives.

Le retrait de l'opposition et une vague de violences et d'attaques à la grenade, qui ont fait 12 morts et plus de 70 blessés, ont ranimé la crainte d'une résurgence des violences dans ce pays qui vient à peine de renouer avec la paix, après une longue guerre civile (1993-2006).

Le président Nkurunziza a aussi appelé les Burundais à l'unité et la paix, car "ce qui nous différencie, les ethnies, les religions, les régions, le sexe, les partis politiques ne devraient pas être un handicap, mais une force".

La présidentielle était censée constituer le moment test d'une série de scrutins prévus tout au long de l'été au Burundi, dans le but d'ancrer la paix encore très fragile dans cette ancienne colonie belge à large majorité hutu -- 85 pc, contre 14 pc de Tutsi.