Cameroun: des militaires manifestent à Douala pour le départ du président Biya

Par La rédaction

YAOUNDE (AFP) - (AFP)

Au moins dix militaires camerounais ont manifesté jeudi matin à Douala (sud) en tirant des coups de feu en l'air et en brandissant une banderole demandant le départ de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, avant d'être maîtrisés, a appris l'AFP de sources concordantes.

"Dix militaires ont tiré des coups de feu au niveau du pont sur le Wouri", le principal pont de Douala, la capitale économique du pays, a affirmé à l'AFP une source proche des services de sécurité.

La circulation a été interrompue aux environs du pont.Les manifestants avaient déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire +Paul Biya dictateur, Paul Biya doit partir à tous les prix+ (A tout prix)", apprend on de même source.

"Dès que les forces de défense les ont cernés, neuf se sont rendus tandis qu'un s'est jeté à l'eau", apprend on de même source.Il n'était pas encore possible de savoir si ce dernier était encore vivant.

"La situation est sous contrôle mais la ville est traversée par un vent de psychose.Les soldats sont partout au niveau du pont, y compris dans l'eau", a rapporté la source proche des services de sécurité.

"Le pont est coupé.On entend des coups de feu en ce moment", a annoncé peu avant 8H00 locales (7H00 GMT) la chaîne de télévision privée Canal 2 International basée à Douala.La chaîne Equinoxe qui a également son siège à Douala avait aussi fait état "de coups de feu tirés en l'air".

Un chauffeur de taxi présent vers 6h du matin (05H00 GMT) raconte : "j'ai vu un militaire armé sur le pont.Il avait bloqué la circulation et demandait aux gens (automobilistes et piétons) de ne pas passer.Il avait une pancarte où j'ai vu: Paul Biya dictateur".

Selon la source proche des services de sécurité, deux militaires chargés de garder le pont qui relie la ville au quartier populaire de Bonaberri et aux régions de l'ouest sont "entendus en ce moment".

La campagne électorale en vue des élections du 9 octobre est commencée.La Cour suprême camerounaise a validé 23 candidatures à la présidentielle dont celles de M. Biya et de John Fru Ndi, opposant historique.Opposition et société civile accusent M. Biya d'avoir verrouillé le système électoral pour s'assurer une réélection sans difficultés.