Cameroun: deux avocats, dont un opposant, condamnés à six mois de prison avec sursis pour "rébellion"

23 novembre 2020 à 17h30 par AFP

AFRICA RADIO

Deux avocats, dont un membre du parti du leader de l'opposition au président camerounais Paul Biya, ont été condamnés lundi à six mois de prison avec sursis pour "dégradation de biens publics" et "rébellion", a constaté un journaliste de l'AFP.

"Les avocats sont en ce moment en train d'essayer d'obtenir l'extrait du plumitif (jugement rendu par le tribunal, NDLR), s'ils l'obtiennent, l'on pourra poursuivre les formalités pour qu'ils soient effectivement libres", a déclaré à l'AFP Me Claire Atangana-Bikouna, bâtonnier de l'Ordre des avocats du Cameroun.Richard Tamfu et Armel Tchuemegne avaient été arrêtés mercredi à Douala, la capitale économique du Cameroun, à la suite d'échauffourées, le 10 novembre, dans un tribunal où les policiers étaient intervenus violemment pour déloger des avocats manifestant pour la libération de deux des leurs.Plusieurs avocats avaient été blessés au cours de cette intervention musclée de la police.Richard Tamfu et Armel Tchuemegne ont également écopé d'une amende de 100.000 francs CFA (environ 150 euros).Me Tamfu est un membre actif du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), l'un des principaux partis d'opposition. Les cadres et militants du MRC sont régulièrement la cible d'arrestations et de procès depuis que leur leader, Maurice Kamto, arrivé en deuxième position, conteste la réélection de M. Biya en 2018.M. Kamto lui-même, et des dizaines de membres du MRC, avaient passé neuf mois en prison sans être jugés en 2019 après avoir manifesté pacifiquement contre la réélection de M. Biya, 87 ans, dont 38 à diriger le Cameroun d'une main de fer. Ils avaient été remis en liberté après d'intenses pressions internationales.Lors de leur procès devant un tribunal de Douala, les deux avocats ont plaidé "non coupable", mais se sont abstenus de reprendre la parole pour se défendre. Les deux avocats devraient recouvrer la liberté à la suite de cette sentence, mais ce n'était pas encore le cas lundi soir. Le conseil de l'Ordre des avocats a appelé, en soutien à leurs confrères, à une grève et à la suspension "sur toute l'étendue du territoire national le port de la robe du 30 novembre au 4 décembre", a annoncé samedi l'ordre dans un communiqué.