Cameroun: deux militants du parti au pouvoir abattus en zone anglophone

18 juin 2018 à 9h41 par AFP

AFRICA RADIO

Un couple de militants du parti au pouvoir au Cameroun a été abattu samedi à Batibo, dans la région du Nord-Ouest anglophone, a annoncé le gouvernement qui accuse les "terroristes" d'en être responsables, les séparatistes accusant l'armée.

"Un couple civil a été froidement assassiné" samedi dans l'arrondissement de Batibo, l'un des épicentres de la crise anglophone, a affirmé dimanche soir Issa Tchiroma Bakary, porte-parole du gouvernement, dans un communiqué lu à la radio d'Etat. Ces deux militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) allaient rendre visite à la mère de l'époux lorsqu'ils "ont été kidnappés par leurs bourreaux", selon M. Tchiroma.Ils ont été "bâillonnés, ligotés", leurs yeux ont été "bandés", puis les assaillants les ont entraînés vers une "chapelle" où ils les ont abattus "visiblement au moyen d'armes à feu", a relaté M. Tchiroma. Selon le ministre, les époux ont été tués à cause de leur militantisme."Le couple avait (ignoré le) mot d'ordre de boycott des séparatistes" de la fête nationale le 20 mai à Batibo, a expliqué M. Tchiroma, dénonçant "l'obscurantisme et la dérive sanguinaire (des) bandes terroristes" en zones anglophones. Sur les réseaux sociaux, les séparatistes anglophones ont affirmé que le couple avait été "tué" par l'armée. "L'armée leur a bandé les yeux et les a tués", a ainsi écrit sur sa page Facebook Mark Bareta, un séparatiste actif sur les réseaux sociaux. Des combats ont par ailleurs éclaté le week-end dernier entre soldats et combattants séparatistes à Ekona, dans le Sud-Ouest, l'autre région anglophone du Cameroun, selon des sources concordantes. Aucun bilan de ces affrontements n'était disponible lundi, mais les indépendantistes ont admis via les réseaux sociaux la destruction de leur base d'Ekona. La localité d'Ekona proche de Buea (chef-lieu de la région du Sud-Ouest) est réputée être l'un des fiefs des séparatistes. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les combats sont devenus quasi quotidiens entre les forces de sécurité camerounaises et des hommes armés se réclamant de "forces de restauration" d'un Etat anglophone qui avait brièvement vu le jour entre les deux guerres mondiales, sous mandat britannique. Les deux camps s'accusent mutuellement de diverses violences.