Cameroun: libération des otages enlevés à Bakassi

Par La rédaction

YAOUNDE (AFP)

Les otages camerounais enlevés le 6 février dans la péninsule de Bakassi, dans le sud-ouest du Cameroun, ont été libérés mercredi, a affirmé à l'AFP le porte-parole du gouvernement Issa Tchiroma Bakary.

"Les otages ont été libérés aujourd'hui (mercredi)", a affirmé M. Tchiroma, également ministre de la Communication.

"Demain (jeudi), je réunirai la presse pour donner toutes les informations qui méritent d'être portées à la connaissance de la presse", a-t-il ajouté, sans fournir plus de précisions sur les circonstances de cette libération.

Selon une source proche des services de sécurité, "les autorités ont envoyé de l'argent hier (mardi) aux ravisseurs".

Le 6 février, le sous-préfet d'Akwa, une localité de Bakassi, et 12 personnes qui l'accompagnaient avaient été kidnappés, d'après des déclarations le 9 février de M. Tchiroma qui avait jugé que le sous-préfet n'avait pas respecté les consignes de sécurité.

Le rapt des 13 Camerounais avait été attribué par la source proche des services de sécurité à l'Africa Marine Commando (AMC), présenté comme le groupe rebelle le plus actif actuellement à Bakassi.

Selon le quotidien privé Mutations, les ravisseurs ont exigé plus d'un milliard de FCFA (environ 1,5 million d'euros) pour la libération des otages.

La péninsule de Bakassi a été le théâtre de plusieurs attaques en moins d'une semaine.

En plus du rapt du 6 février, dans la nuit du 6 au 7 février un groupe armé avait pris pour cible une brigade de la gendarmerie à Mbonjo, tuant deux gendarmes, selon le gouvernement.

Dans la nuit du 10 au 11 février, un militaire camerounais et un assaillant avaient été tués à Isangele (une localité de Bakassi), alors qu'une femme avait été blessée par une balle perdue, avait affirmé la source proche des services de sécurité sans que l'information soit confirmée officiellement.

De même source, des négociations pour la libération des otages avaient été entamées après le retour le 8 février en urgence de Suisse du président camerounais Paul Biya.

En novembre, l'AMC avait lancé une attaque nocturne dans le secteur proche du terminal offshore Moudi au large de la péninsule.

En mars 2010, le groupe rebelle avait enlevé pendant cinq jours sept Chinois d'une société de pêche et avait revendiqué en septembre 2010 l'enlèvement dans la zone portuaire même de Douala de six étrangers.

Ces personnes (un Croate, un Philippin et quatre Ukrainiens) avaient été libérées fin septembre à l'issue d'une intervention militaire menée au Cameroun, selon les autorités du pays, au Nigeria selon une source camerounaise proche des enquêteurs.

Depuis trois ans, les attaques en mer et enlèvements, souvent attribués par les autorités camerounaises à des "pirates" et concernant des cibles variées, se sont multipliés au large de la péninsule de Bakassi, région marécageuse de 1.000 km2, difficile d'accès, potentiellement riche en pétrole et gaz.