Cameroun: poursuites levées contre une ex-ministre accusée de corruption

20 septembre 2013 à 9h36 par La rédaction

YAOUNDE (AFP)

La justice camerounaise a abandonné les poursuites contre une ex-ministre détenue depuis 2010 pour détournement de fonds, après qu'elle eut restitué à l'Etat 212,5 millions de francs CFA (324.000 euros), a-t-on appris vendredi auprès de son avocat.

En février, Mme Haman Adama, ancienne ministre de l'Education de Base, arrêtée en janvier 2010, avait restitué au Trésor public la somme de 212,5 millions qu'elle est accusée d'avoir détournée.

Le président du Tribunal criminel spécial de lutte contre la grande corruption au Cameroun (TCS) "a rendu jeudi une décision d'arrêt des poursuites", a affirmé à l'AFP Me Sylvestre Mben.

Le parquet avait requis l'abandon des poursuites, soulignant qu'il avait été autorisé par le ministre de la Justice, Laurent Esso, a précisé Me Mben.

Selon l'avocat, une dizaine d'autres personnes poursuivies dans la même affaire ont également bénéficié d'un arrêt des poursuites.

Au total 369 millions FCFA (562.000 euros) ont été remboursés par les accusés de cette affaire, a-t-on précisé de source judiciaire.

La loi ayant créé le TCS dispose qu'en cas de restitution des sommes détournées, le parquet général de cette juridiction "peut" requérir l'arrêt des poursuites, après une autorisation écrite du ministre de la Justice.

Mais l'abandon des charges n'est pas automatique.En janvier 2013, la première banque privée camerounaise, Afriland First Bank, avait restitué 1,7 milliard de FCFA (2,5 millions euros) de fonds publics que certains de ses responsables et un homme d'affaires étaient accusés d'avoir détournés.

Malgré ces remboursements, la procédure suit son cours devant le tribunal anti-corruption.

Le Tribunal criminel spécial a été créé en décembre 2012 pour juger les auteurs présumés de détournements de fonds d'un montant supérieur à 50 millions de FCFA (76.000 euros).

Le gouvernement camerounais a lancé en 2006 une vaste campagne de lutte contre la corruption baptisée par la presse opération "Epervier", dans le cadre de laquelle de nombreuses personnalités, dont d'anciens ministres et dirigeants de société publiques, ont été arrêtées et placées en détention.