Cameroun: trois morts dans une attaque de Boko Haram dans le nord

Par AFP

AFRICA RADIO

Trois civils camerounais ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche dans une localité de l'extrême-nord du Cameroun par le groupe jihadiste Boko Haram, selon des responsables sécuritaires de la région camerounaise jointes par lundi l'AFP.

"Une incursion de Boko Haram dans la nuit (de samedi à dimanche) dans le village de Mandoussa (extrême-nord) a fait trois morts", a affirmé sous couvert d'anonymat un officier de police de la zone.Le bilan de l'attaque a été confirmé à l'AFP par un officier de l'armée en poste dans la région.La première victime a été "décapitée", la seconde "tuée par balle", alors que la troisième est morte "calcinée", les assaillants ayant incendié une "centaine d'habitations", a détaillé l'officier de police. Selon lui, trois enfants sont portés disparus depuis l'attaque. Les jihadistes ont aussi pillé des commerces et volé des céréales, de même source.Née au Nigeria en 2009, l'insurrection de Boko Haram s'est propagée en 2014 dans l'Extrême-Nord du Cameroun, qui borde une partie du lac Tchad. La faction de Boko Haram affiliée au groupe Etat islamique, ISWAP, est particulièrement active dans cette zone.Depuis plusieurs mois, les attaques jihadistes se sont intensifiées autour du lac, une vaste étendue d'eau truffée d'îlots et de marécages partagée par le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria.Dans l'Extrême-Nord, ce "regain d'attaques" a été documenté par Amnesty International dans un rapport publié en décembre. L'ONG de défense des droits humains décompte 275 personnes tuées en 2019, des civils pour la plupart.Outre ces attaques jihadistes dans le Nord, le Cameroun, dirigé depuis 37 ans par Paul Biya, est en proie depuis 2017 à un violent conflit dans l'Ouest où l'armée et des groupes séparatistes s'affrontent dans les deux régions anglophones. Des exactions et crimes contre des civils sont perpétrés par les deux camps, selon des rapports des ONG internationales. Ce conflit a fait plus de 3.000 morts et forcé environs 700.000 personnes à fuir leur domicile, selon des ONG.