Cameroun: une célèbre avocate proche de l'opposant Kamto inculpée et écrouée (avocat)

7 mars 2019 à 19h07 par AFP

AFRICA RADIO

Une avocate camerounaise réputée, Michèle Ndoki, proche de l'opposant Maurice Kamto, a été inculpée jeudi pour rébellion, insurrection et hostilité contre la patrie et transférée à la prison principale de Yaoundé, ont déclaré à l'AFP ses avocats.

Arrivée au tribunal militaire de Yaoundé jeudi après-midi, Me Ndoki, arrêtée le 26 février puis placée en garde à vue, a été "inculpée des mêmes faits" imputés à Maurice Kamto, a affirmé Emmanuel Simh, l'un de ses avocats.Mi-février, le principal opposant du pays, adversaire malheureux du chef de l'Etat Paul Biya lors de la présidentielle d'octobre, avait été présenté devant le même tribunal militaire.Une information judiciaire pour des faits allégués d'"hostilité contre la patrie" et d'"insurrection", notamment, a été ouverte à son encontre, ainsi que contre plusieurs de ses partisans.Tous avaient été arrêtés à la suite d'une manifestation pacifique organisée dans plusieurs villes du Cameroun le 26 janvier.Lors de ces manifestations, Michèle Ndoki avait été blessée. Le parti de M. Kamto, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), avait affirmé que la police avait tiré à balles réelles sur les manifestants, ce que Yaoundé avait démenti.L'avocate, également cadre du MRC, s'était fait remarquer mi-octobre en plaidant devant le Conseil constitutionnel pour dénoncer des "fraudes massives et systématiques" dont le camp de M. Kamto s'estime victime et ayant abouti à la victoire de Paul Biya à l'élection présidentielle.Me Ndoki "a été placée en détention provisoire", a précisé à l'AFP Emmanuel Simh."Elle est en route pour la prison principale de Kondengui à Yaoundé", le pénitencier où se trouve M. Kamto, a précisé un autre de ses conseils, Christopher Ndong.Jeudi, une demande de libération immédiate déposée par les avocats de Maurice Kamto a été rejetée par la justice camerounaise.Mardi, l'Union européenne avait dénoncé "l'ouverture de procédures disproportionnées" contre M Kamto et ses sympathisants.Des propos suivis par ceux du secrétaire d'État américain adjoint aux affaires africaines, Tibor Nagy, qui a déclaré mercredi sur RFI "qu'il serait très sage de le libérer".