Casamance: deux soldats sénégalais tués par l'explosion d'une mine (armée)

15 juin 2020 à 16h00 par AFP

AFRICA RADIO

Deux soldats sénégalais ont été tués lundi par l'explosion d'une mine antichar au passage de leur véhicule lors d'une opération contre les "trafics et les bandes armées" en Casamance (sud), où sévit une rébellion indépendantiste, a annoncé l'armée.

Deux autres soldats ont été "grièvement blessés" dans cet accident survenu dans l'après-midi entre les villages de Diagnon et Mbissine, dans le département de Ziguinchor, a indiqué dans un communiqué la Direction des relations publiques des armées sénégalaises (Dirpa).Huit soldats sénégalais avaient déjà été "légèrement blessés" dimanche par l'explosion d'une mine au passage de leur pick-up près de la frontière gambienne, avait indiqué à l'AFP une source de sécurité.L'armée sénégalaise est depuis quelques jours engagée en Casamance dans des opérations "pour accompagner le retour des populations" civiles et "lutter contre "les trafics et les bandes armées", a précisé lundi la Dirpa.Des habitants qui avaient quitté leur village à cause de l'insécurité y ont été réinstallés avec l'aide de l'Etat et des ONG notamment, et ce retour de familles se poursuit à la faveur de l'accalmie observée ces dernières années.La Casamance, formée de trois régions parmi les plus boisées du Sénégal, est aussi le théâtre de nombreux trafics, dont ceux du bois et de la drogue, organisés par des bandes armées, selon des sources de sécurité.Des populations et des élus locaux réclament la reprise du déminage, interrompu depuis plusieurs années en raison notamment de l'insécurité, dans cette région agricole et touristique où les producteurs ne peuvent pas toujours accéder à leurs exploitations à cause des mines.La Casamance, bordée au sud par la Guinée-Bissau et au nord par la Gambie, qui l'isole en partie du reste du Sénégal, est agitée depuis 1982 par une rébellion indépendantiste menée par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), divisé en plusieurs factions rivales.Le conflit a fait des milliers de victimes civiles et militaires, ravagé l'économie et poussé de nombreux habitants à fuir.Les tractations de paix se sont multipliées depuis l'arrivée au pouvoir du président Macky Sall en 2012, sans aboutir à un accord définitif.