Cédéao: élection d'un nouveau président, Alassane Ouattara grand favori

Par La rédaction

ABUJA (AFP) - (AFP)

Les dirigeants ouest-africains devaient désigner vendredi le nouveau président de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), avec l'Ivoirien Alassane Ouattara grand favori, au second jour d'un sommet marqué par la situation préoccupante dans le Sahel.

Les conditions sécuritaires se dégradent rapidement dans cette zone en raison d'une nouvelle rébellion touareg au Mali et des attaques de la branche maghrébine d'Al-Qaïda (Aqmi).

Plusieurs sources interrogées par l'AFP jeudi, à l'ouverture du sommet ordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de la Cédéao, ont indiqué que le président ivoirien Alassane Ouattara serait vraisemblablement élu.

Il succèderait ainsi au chef de l'Etat nigérian Goodluck Jonathan, président en exercice sortant de l'organisation de 15 membres.Ce dernier avait été reconduit en mars 2011 à ce poste d'une durée d'un an renouvelable.

Une élection de M. Ouattara marquerait encore le retour sur la scène régionale de la Côte d'Ivoire, secouée en 2010- 2011 par de violents troubles.M. Ouattara est arrivé au pouvoir en avril après une crise postélectorale ayant fait quelque 3.000 morts.

Vendredi "on va choisir le président de la Commission et le président en exercice", avait indiqué jeudi soir Mohammed Bazoum, ministre nigérien des Affaires étrangères.

"Le président de la Commission sera un Burkinabè et le président en exercice sera Ouattara", a-t-il affirmé.

Alassane Ouattara "n'était pas un choix difficile par rapport à d'autres fois ou ça a été moins consensuel", a de son côté précisé un diplomate ouest-africain."Les pays de la région ont le sentiment de s'être investis beaucoup pour la Côte d'Ivoire et voient ça comme le couronnement de leurs efforts".

Un diplomate ouest-africain travaillant à la Cédéao a lui estimé qu'il y aurait "des débats, il y a des pays qui ne sont pas d'accord".Mais l'Ivoirien "a de grandes chances de gagner"."C'est une façon d'encourager la réconciliation dans son pays", a-t-il souligné.

Vendredi, les dirigeants de la region devraient aussi annoncer quel pays prendra la présidence de la Commission de la Cédéao, un poste de 4 ans jusqu'alors occupé par le Ghanéen James Victor Gbeho.

L'insécurité dans le Sahel, avec notamment l'afflux d'armes issues du conflit libyen, est une préoccupation importante du sommet à l'ouverture duquel Goodluck Jonathan a estimé qu'il y avait "de nombreuses crises dans plusieurs parties de la sous-région".

"En raison de la crise dans la région du Sahel, nous constatons un afflux d'armes légères et, bien sûr, certains pays font face à différentes formes de menaces, notamment le Nigeria", confronté aux attaques du groupe islamiste Boko Haram, a-t-il ajouté.

Depuis mi-janvier, le Mali est confronté à une offensive d'une nouvelle rébellion touareg.Son président Amadou Toumani Touré n'avait pas fait le déplacement à Abuja.

Les violences ont provoqué un exode à l'intérieur du pays mais aussi vers d'autres Etats.Le Niger, le Burkina Faso et la Mauritanie ont ainsi vu arriver des milliers de réfugiés maliens.

Une situation préoccupante, d'autant que quelque 12 millions de personnes dans les pays sahéliens sont actuellement menacées par la famine.

Le conseil de sécurité et de médiation de la Cédéao a approuvé une aide financière de l'organisation régionale de 3 millions de dollars pour les victimes de la crise alimentaire et des attaques rebelles dans les pays du Sahel, selon un communiqué jeudi soir.

Les participants au sommet devraient aussi se pencher sur la piraterie en hausse dans le Golfe de Guinée.