Centrafrique: 12 morts dans les combats entre ex-rebelles et milices

Par La rédaction

BANGUI (AFP)

Les combats, samedi, entre milices paysannes d'"auto-défense" et ex-rebelles désormais au pouvoir ont fait douze morts près de Bouar, dans l'ouest de la Centrafrique, d'après un nouveau bilan communiqué par une source militaire.

Tôt samedi, les milices "munies d'armes de guerre et de machettes" avaient encerclé Bouar, ville située à environ 400 km au nord-ouest de Bangui, dans une région considérée comme acquise à l'ex-président François Bozizé, renversé le 24 mars par la coalition rebelle Séléka de Michel Djotodia, investi le 18 août président de transition, a expliqué cette source sous couvert d'anonymat.

Le dernier bilan de ces combats "fait état de 12 morts dont sept parmi les groupes d'auto-défense et cinq dans les rangs des ex-Séléka, ainsi que plusieurs blessés dans les deux camps", a affirmé la même source.

Un précédent bilan, samedi, faisait état de "quatre morts parmi les groupes d'auto-défense et plusieurs blessés dans les deux camps", selon une source militaire.

"Aucun coup de feu n'a été entendu dans la ville de Bouar dimanche où des éléments congolais et camerounais de la force africaine (Misca) déployés sur place, tentent de convaincre les habitants de garder le calme et de retourner chez eux", a-t-elle ajouté.

D'après l'Abbé Mireck, de la Cathédrale Marie Mère de l'Eglise de Bouar, "environ 4 à 6.000 personnes" se sont réfugiés dans les locaux de l'Eglise catholique et s'y trouvaient encore dimanche."Des personnes âgées, femmes et enfants, pour la plupart, éprouvent d'énormes besoins alimentaires urgents", a-t-il précisé.

"Les assaillants ont encerclé la ville.Nous sommes bloqués.On ne sait dans quelle direction fuir", avait affirmé Maxime Lalaï, un habitant de Bouar, samedi en fin de matinée.

Un commerçant musulman de Bouar, Awalou Mamadou, disait craindre des violences ciblées envers la communauté musulmane de la ville majoritairement chrétienne, et estimait que les assaillants représentaient "entre 300 et 500 hommes".

Les exactions sans fin d'ex-rebelles ont provoqué des violences inter-communautaires qui menacent de prendre un tour religieux entre chrétiens, qui constituent la grande majorité de la population, et musulmans.

Les combattants qui formaient les rangs de l'ex-rébellion se revendiquent de confession musulmane et M. Djotodia est le premier président musulman de l'histoire du pays.