Centrafrique: au Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie s'en prend à la France

Par AFP

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La Russie a estimé jeudi devant le Conseil de sécurité des Nations unies que la France devait laisser de côté ses "intérêts nationaux paroissiaux" et reconnaître les efforts de Moscou en vue de la paix en Centrafrique, alors que le projet de résolution français continuait à créer des remous.

La France a présenté un texte pointant du doigt les récentes tentatives russes de négocier des accords de paix en Centrafrique, en spécifiant que l'initiative de l'Union africaine (UA) était "le seul cadre" possible pour une parvenir à une solution."Nous aidons activement la Centrafrique en ayant le soutien du peuple et nous aimerions que nos efforts soient dûment mentionnés dans le texte français", a réclamé devant le Conseil l'ambassadeur adjoint de la Russie à l'ONU, Dmitry Polyanskiy. "En Centrafrique, il y aura du travail pour tous afin d'aider réellement le pays à se remettre sur pied", a-t-il ajouté, estimant qu'il était temps de "mettre de côté les complexes historiques, l'égoïsme et les intérêts nationaux paroissiaux", une critique à peine voilée envers la France, dont la Centrafrique est une ancienne colonie. Moscou a engagé une médiation entre groupes armés, parallèle sinon concurrente de celle de l'Union africaine, avec une réunion fin août à Khartoum.La Russie a également formé des centaines de militaires et insiste pour que la Minusca, la mission onusienne de maintien de la paix dans le pays, soutienne ces forces, selon des diplomates.Mais des diplomates français et certains responsables de l'ONU ont déploré une initiative russe ayant compliqué les efforts diplomatiques, envoyant des messages contrastés aux différentes parties. "Il doit n'y avoir aucune ambiguïté sur la centralité de cette initiative de l'Union africaine, et c'est bien ce que réaffirme notre projet de résolution", a dit devant le Conseil François Delattre, ambassadeur de la France à l'ONU. Les Etats-Unis ont aussi émis des objections sur ce projet de texte élaboré par la France, qui verrait les Casques bleus appuyer les forces nationales nouvellement formées dans leur déploiement à travers le pays.Mais un accord sur le vocabulaire employé a été trouvé: il spécifie que la nouvelle tache incombant à la Minusca ne générerait pas de coûts supplémentaires. Le Conseil de sécurité a voté à l'unanimité pour étendre, pour un mois, le mandat de la mission. Il devait expirer à minuit jeudi. Un nouveau vote sera organisé avant le 15 décembre.